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 Petits Crimes contre l'Humanité #3 : L'Opération Vent Printanier

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MessageSujet: Petits Crimes contre l'Humanité #3 : L'Opération Vent Printanier   Lun 27 Déc - 22:43

Petits Crimes contre l'Humanité #3

L'Opération Vent Printanier

Petits Crimes contre l'Humanité est une série d'articles informatifs sur les atrocités perpétrées
par les États et autres institutions d'autorité à travers le monde entier aux alentours du XXème siècle.
De la répression policière aux génocides, ces petits dossiers parleront surtout des violations de droits fondamentaux
et autres catastrophes sociales qui ont été oubliées ou dont on n'a pas assez parlé malgré leur importance historique.
« Les décorations c'est comme les bombes, ça tombe bien souvent sur quelqu'un qui ne les mérite pas. » - Pierre Desproges

Contexte
La Deuxième Guerre Mondiale a commencé. L'Allemagne Nazie, rapidement soutenue par l'Italie, met un terme à la "Drôle de Guerre" en juin 1940 en lançant la première offensive militaire du conflit, la Blitzkrieg, qui est d'une effroyable efficacité. Les troupes de la Wehrmacht marchent déjà sur la Belgique, les Pays-Bas et le Luxemburg ... Leur prochaine cible ? La France. Elle ne résiste pas non plus à l'invasion allemande, dont l'organisation lui empêche de contre-attaquer, et Paris est occupé au mois de juin de la même année. Hitler y arrive triomphant et exige que armistice soit signée là où l'avait été celle de la Première Guerre Mondiale, dans le wagon de la clairière de Rethondes, avant de faire démolir le monument célébrant la victoire sur l'Empire Allemand qui y siégeait. Cette armistice, signée par un certain maréchal Pétain, concède alors la partie Nord et Ouest du pays à l'Allemagne et la frontière franco-suisse à l'Italie ("Zone Occupée") mais laisse le reste non-occupé ("Zone Libre") avec pour centre administratif la commune de Vichy. Le mois suivant, le congrès organise un vote d'urgence pour décider si Pétain devait être désigné pour rédiger une nouvelle constitution et devenir chef d'État ... et la majorité de votes positifs est écrasante ! Les résultats sont de 569 pour et ... 80 contre. Seule une partie de la gauche s'y est opposée et, en conséquence, Pétain est instauré des pleins pouvoirs : Le régime de Vichy est installé sous le nom d' "État Français". Cet État nouvellement formé est bien entendu collaborationniste, et Pétain se justifie en affirmant qu'il s'agit du seul moyen pour "atténuer les malheurs de la France". Cependant, Pétain est lui-même réactionnaire ; ce qui trahit la nature de son discours, qui sert avant tout d'excuse pour justifier le pouvoir qu'il a entre ses mains et qui est une opportunité pour lui d'appliquer son agenda politique : Répression des dissidents, ultranationalisme, militarisme, culte de la personnalité, corporatisme, intégrisme catholique ... et, surtout, il encourage directement à la collaboration, en plus de ne montrer aucune résistance et même un certain zèle vis-à-vis des directives du Troisième Reich. Bien évidemment, il ne faudra pas attendre longtemps avant que soit institutionnalisé un anti-sémitisme d'État : Les Juifs sont fichés, le port de l'étoile jaune devient obligatoire et la première déportation s'effectue en mai 1942 depuis la Gare d'Austerlitz. Mais le pire ne surviendra que deux mois plus tard ...

Évènement
Depuis le début de l'année,l'Allemagne envisage un plan pour amoindrir considérablement la présence juive en Zone Libre dans la continuité de la déportation par la Gare d'Austerlitz et lui donne le nom de code "Opération Vent Printanier". Les SS, plus précisément les colonel et capitaine Knochen et Dannecker, ne tardent pas à appeler des représentants de l'État Français à des réunions dans les bureaux de la Gestapo à Paris pour organiser l'évènement : Le secrétaire général de la police nationale (Bousquet) et le commissaire général aux questions juives (de Pellepoix) dans un premier temps le 4 juillet, suivis d'autres dignitaires haut-placées (Comme le directeur de la police générale) 3 jours plus tard. Le dernier meeting se fera au commissariat général aux questions juives entre cadres du Régime de Vichy, avec notamment l'implication de la SNCF. À l'issue de toutes ces rencontres, l'organisation de la rafle est finie : Une circulaire, mentionnant la date du 13 juillet, est introduite mais l'évènement est reporté au lendemain pour ne pas tomber le jour de la Fête Nationale. C'est donc encore dans la nuit, très tôt le 16 juillet, que démarre la rafle du Vel' d'Hiv' qui durera jusqu'au 17 : 9,000 policiers sont mobilisés pour arrêter en masse tous les Juifs étrangers présents dans la Zone Libre dans une arrestation de masse soudaine et brutale pour ensuite les parquer aux endroits désignés. Quelques militants des jeunesses du Parti Populaire Français, le parti fasciste de Jacques Doriot, n'hésitent pas à leur prêter main forte. Lesdits policiers sont sommés de ne donner aucune explication, d'ignorer les commentaires, de n'autoriser pour effets personnels qu'une couverture et quelques vêtements et d'arrêter un maximum de Juifs en un minimum de temps. Les femmes enceintes ou qui s'occupent d'un bébé ne font pas exception à la règle, même si elles auront éventuellement la "chance" d'être relâchées lors du rassemblement au lieu désigné. L'arrestation des enfants de moins de 16 ans n'avait pas été demandée par les SS (Préférant les faire placer dans des foyers), mais beaucoup d'entre-eux sont tout de même arrêtés sur décision française, sans doute pour gagner du temps ou pour grossir le nombre d'arrestation et ainsi s'approcher du bilan espéré par les nazis. Au final, plus de 13,000 Juifs seront arrêtés, dont plus de 4,000 enfants. Ils sont ensuite rassemblés et conduits par autobus à deux destinations différentes : Environ 6,000 sont directement conduits vers le camp d'internement de Drancy, et environ 7,000 vers le Vélodrome d'Hiver dans le quinzième arrondissement de Paris. Les conditions de détention sont exécrables : Les Juifs sont entassés dans le vélodrome en permanence, sans nourriture ni sanitaire, n'ayant à leur disposition qu'un point d'eau, de rares ravitaillements et quelques médecins. Ceux qui tentent de s'échapper sont abattus sur-le-champs, et quelques-uns choisissent le suicide. Au final, après 5 jours, ils sont déportés vers différents camps d'internement à Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers. Leur destination ? Le camp de la mort d'Auschwitz, où la plupart d'entre-eux seront exterminés.

Conséquences
Cette rafle représente plus du tiers des 42,000 juifs déportés de France vers Auschwitz en 1942, dont moins de 1,000 reviendront vivants. La déportation pour le camps d'extermination des Juifs de la rafle du Vel' d'Hiv' prendra moins de deux mois ... Directement après la fin de la guerre, de nombreux dignitaires du régime de Vichy et de sa police sont jugés : Pierre Laval, président du conseil, est condamné à mort. René Bousquet reçoit 5 ans de dégradation nationale, punition qui sera levée pour son soutien tardif à la Résistance ; cependant, il sera assassiné avant son second procès, réclamé bien plus tard et censé se dérouler en 1993. Son adjoint, Jean Leguay, sera jugé plus tard, en 1979, mais se suicidera avant le procès. Louis Darquier de Pellepoix trouve refuge en Espagne franciste, mais est symboliquement condamné à mort in absentia. Helmut Knochen est condamné à mort par les tribunaux britanniques et français mais sa peine est commutée en emprisonnement à perpétuité avant qu'il ne soit finalement amnistié par De Gaulle. Theodor Dannecker est interné dans une prison américaine, mais se suicide peu de temps après. Émile Hennequin, directeur de la police municipale, est condamné à 8 ans de travaux forcés. La plupart des policiers jugés recevront 5 ans de dégradation nationale qui sera rapidement levée. Mais, bien évidemment, ce qui aura marqué sur le long terme, c'est la question de l'implication de la police française dans la rafle, qui a créé de nombreux débats controversés : Était-elle contrainte sans alternative à cette opération ou se rendait-elle coupable de crime contre l'Humanité ? Quelles que soient les justifications avancées, rien ne peut contredire le fait que les policiers ont agit avec une obéissance et un zèle hors normes, et une froideur bien distincte du simple fatalisme. Le vélodrome en lui-même est détruit par un incendie en 1959 puis démoli, et une stèle est déposée là où se trouvait l'infrastructure (Qui sera ensuite déplacée et remplacée par un monument). Cela dit, ce n'est qu'en 1995 que les premières excuses publiques seront tenues par le président de la République, Jacques Chirac, qui admet que l'État Français et ses différents organes ont été responsables de la déportations des Juifs vers Auschwitz.


Le secrétaire général de la police nationale rencontre les deux nazis // Un policier français organise la rafle avec un officier SS

Une vue d'ensemble sur l'intérieur du Vélodrôme d'Hiver // Un zoom sur l'une des allées, noire de monde

Les autobus devant le Vel' d'Hiv se préparent à déporter les Juifs // Le monument érigé actuellement, le "Jardin du Souvenir"
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