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 Cinéma

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lapin malin
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MessageSujet: Re: Cinéma   Ven 19 Aoû - 23:53

Bon, j'up un peu le topic pour une triste nouvelle: le décès de Raul Ruiz, le réalisateur du récent Les Mystères de Lisbonne dont je crois avoir parlé ici-même, lorsqu'il était en salles. Bref, RIP Mr. Ruiz, homme a la filmographie hors-norme.

Et aussi, totalement autre, Banksy a apparemment sorti un documentaire pour Channel 4 il y a quelques courtes journées, mais je ne le trouve qu'en VO non sous-titré... Quelqu'un saurait où on pourrait se le trouver en sous titré ? (français de préférence)
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mer 31 Aoû - 10:32

Bon ben, j'ai vu Rubber, à la fois curieux de découvrir ce film dont j'avais entendu parler y a un peu moins d'un an et motivé par les retours que j'en ai eu sur le chat. Donc, pour ceux qui sauraient pas encore, c'est un film de Quentin Dupieux (que vous connaissez probablement mieux sous son pseudo de DJ, Mr. Oizo) qui raconte l'histoire d'un pneu qui tue des gens avec ses pouvoirs psychokinétiques (oui). Je m'attendais donc à une parodie des slashers de série B, et ... pas vraiment en fait, voire carrément pas du tout. Et c'est tant mieux ! J'ai été TRÈS agréablement surpris par la tournure que prenait le film dès le début : Celui du surréalisme pur et dur. Pas du "surréalisme" qui se contente de balancer 13,015 trucs en même temps histoire de faire "wooo mindfuck", non, le véritable surréalisme qui arrive à créer une ambiance particulière et qui fait de son incohérence une force. Et ça tombe vraiment bien, parce que les comédies surréalistes, j'adore ça ! C'était clairement maîtrisé et j'avais l'impression de voir ce qu'aurait pu donner un film de Luis Buñuel en 2011. J'en dis pas plus parce que ce serait vous gâcher le plaisir ... mais j'ai deux bémols à noter tout même : La mise au point qui faisait très souvent assez académique (c'est peut-être du au fait que le film ait été filmé avec un APN ?) et qui donnait donc parfois une image "trop" nickel à mon goût ; et l'OST, qui est tout à fait oubliable alors qu'elle est quand même de Oizo lui-même ET de Gaspard Augé (un des mecs de Justice), donc disons qu'on était en droit de s'attendre à quelque chose de plus marquant tout de même. Dans tous les cas, ça reste un film bg que je vous recommande. Et pour ceux qui ont déjà vu et aimé Rubber, essayez Survive Style 5+ de Gen Sekiguchi pour voir, tiens ...

Ah, et Roxane Mesquida est overcute. ^^1
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mer 31 Aoû - 14:10

Hier j'ai enfin vu Rubber, ça faisait un moment que je voulais le regarder, j'étais curieuse de voir comment l'histoire allait se dérouler, j'avoue que je m'attendais pas à un film comme ça, mais je rejoins l'avis d'Iwant, c'était beaucoup mieux comme ça! (mais en ce qui concerne la musique, j'ai trouvé qu'il y en avait des biens). J'ai beaucoup aimé ce film, l'ambiance est vraiment géniale, je le conseille pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu woé1
iwant a écrit:
Ah, et Roxane Mesquida est overcute. ^^1
J'avoue oui5
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lapin malin
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MessageSujet: Re: Cinéma   Dim 4 Sep - 21:31

Bon, ça fait longtemps que j'ai pas posté ici pour parler de film que j'ai vu, enfin depuis le début de l'été quoi je crois.


L'affiche de 70 tkt

Bref, hier aprem, je suis allé voir au cinéma Deep End de Jerzy Skolimowski, sorti en 1970. En effet, le film ressort en copie neuve et restaurée au cinéma grâce à la société de distribution Carlotta Films. J'avais déjà entendu parler de l’œuvre du cinéaste, et de lui-même, mais je n'avais malheureusement jamais encore eu l'occasion de pouvoir en juger par mes yeux (et ce malgré la sortie de ses récents films, à commencer par Essential Killing cette année-même). Eh bien, avec ce premier contact, je n'ai pas été déçu (aussi je crois être tombé sur rien de moins que sa masterpiece).

Pour le synopsis, voilà un tout fait, pas de moi:
Adolescent de 15 ans, Mike se rend à son tout premier jour de travail : il vient d’être embauché dans un établissement de bains publics de l’East End londonien. Sur place, sa collègue Susan est chargée de lui présenter les lieux. Le jeune homme est tout de suite attiré par cette jolie rousse plus âgée que lui. Alors qu’il découvre une atmosphère étrange autour de la piscine, Mike doit faire face aux avances d’une cliente échaudée. Peu à peu, Susan joue avec l’inexpérience du garçon, profitant de son admiration candide pour le faire plonger dans une dangereuse spirale de fantasmes et d’obsession…


- Allo ?
- Susan t'es bonne
- ok on s'voit t'a l'heure

Si le topo du film pourrait, sur le papier, laisser malheureusement entrevoir une comédie sentimentale neu-neu et sans aucune originalité, il n'en est rien. Et ce pour plusieurs raisons toutes aussi appréciables à l'écran, à commencer par le remarquable travail plastique du réalisateur. Les images sont sophistiquées, la belle photographie sublime souvent des décors intimistes travaillés jusqu'à la moelle, et le jeu sur les couleurs est franchement épatant. En effet, lesdites couleurs éclatent, des murs peints en rouge-sang, vert-pétant ou jaune-canari sont omni-présents, même les vêtements, les cheveux roux de Jane Asher (l'actrice qui joue Susan), la neige, ou encore la chair humaine participent à cette symphonie colorée, et cela donne au film un ton définitivement ancré dans son époque, pour notre plus grand plaisir, tout en restant équilibré grâce à la finesse du jeu sur les valeurs et les intensités des mêmes couleurs, offrant finalement une composition picturale exquise jouant sur les contrastes pour embellir les évènements scénaristiques. Quand on sait que le sieur Skolimowski est aussi un peintre reconnu, on ne peut qu'apprécier le boulot (il est d'ailleurs aussi poète, boxeur, acteur, et musicien de jazz, o-o).

L'époque que j'ai déjà évoquée est celle d'une Angleterre en plein Swinging London s'initiant au psychédélisme: on est en 1970, et la bande son du film est jouée ni plus ni moins par môsieur Cat Stevens et par le groupe allemand Can, figure emblématique du mouvement Krautrock. En rassemblant ces deux faces du rock seventies (plus pop avec Cat Stevens et plus avant-gardiste avec Can), la bande originale donne du peps en rythmant le film et sert les images de ce dernier avec réussite et pertinence, en illustrant le charme hétéroclite de Deep End.

Côté réalisation toujours mais au niveau de la caméra et de ses mouvements, là aussi, Skolimowski est bon, très bon. Gros plan, traveling, les effets de style sont toujours là au bon moment, jamais prétentieux, et swinguent une mise en scène globalement plus intimiste. Attention, intimiste ne veux pas dire plate, ni banale. La caméra est toujours au summum de l'élégance, elle est même assez vive, elle se balade parfois, et voir le film se dérouler est juste un pur régal pour les pupilles.

De plus, les décors sont vraiment biens utilisés. Déjà car comme je l'ai déjà dit ils ont été travaillé pour agrémenter le jeu sur les couleurs, et ça se voit, et aussi car ils traduisent vraiment tous une part de l'état psychologique d'un ou des personnages, à l'image de cette piscine et de cet établissement de bains, pièce maîtresse et principale du parcours sentimental initiatique de Mike, véritable lieu d'apprentissage, filmé comme un labyrinthe avec ses multiples pièces, à la fois simple, épuré, et grand, mais fermé, où les voix résonnent et s'échangent.


- on baise ou quoi
- aha t'es drôle

Si la forme réalise un sans faute, elle subjugue et sert un fond qui n'est pas en reste lui non plus. Deep End est un film sur les sentiments humains relatifs à l'amour, comme la jalousie, l'envie de ken quand on est puceau, la libido qui monte et qui monte, ou même la tristesse qu'il peut causer. Susan devient le véritable fantasme de Mike, et ce dernier va jusqu'à l'épier lors de ses rendez-vous avec son petit ami. Très vite, il va devenir encombrant, et ménager la palpitante vie sexuelle de cette dernière. Oui, car Susan, elle baise: dans les chiots des bains avec le prof de piscine, avec des clients pour toucher un petit pourboire, avec son copain ... une vraie cochonne. Et à Mike, jeune être encore naïf, rêveur à ces heures perdues, armé de son vélo et de sa scelle, de découvrir ce monde marqué par la recherche sans fin de sexes et de violences, ce monde où le plaisir charnel et l'être humain se vendent à coups de quelques livres sterling, alors que son innocence est encore telle qu'elle peut se lire à tout moment sur les traits de son visage. Le film aborde alors nos perditions respectives, recherches identitaires, au sein de ces sociétés incertaines qui nous accueillent. Sans jamais oublier la peinture du fantasme et de l’obsession procurés par Susan, femme définitivement donneuse de coup de foudre, touchant même le spectateur durant tout le métrage, et l'impuissance de Mike face à son attirance.

Très fort. La scène finale rappellera et emportera tout en quelques minutes avec une intelligence hallucinante et maîtrisée.
Le scénario n'est donc pas aussi linéaire que ce que la situation de départ aurait pu prévoir, et la fin est assez "whaouh". J'en dirais pas plus.

Avec ses multiples scènes symboliques, le film porte le spectateur à sa conclusion de manière tout simplement magnifique, alternant entre son côté "réaliste" et ses scènes surprenantes, étrangement bizarres, tout en allant toujours à l'essentiel, ce qui permet d'éviter toute longueur. Le spectateur est souvent interpellé et, malgré ce, l'effet reste contrôlé. Je n'arrive pas très bien à faire ressortir mon impression sur certains points, c'est un peu flou, je me perds dans de longues phrases, bref désolé, j'ai essayé de réfléchir à mieux mais j'n'y suis pas arrivé Smile . En gros, aucun élément n'est trop appuyé par le cinéaste, mais on arrive tout de même à ressentir exactement ce qu'il veut nous dire (du moins c'est l'impression que ça m'a transmis), et j'ai trouvé ça tout simplement génial.


- bon j'me fait chier balance ton ptit minou là
- pas maintenant sois patient

Il ne faut pas non plus négliger le côté humoristique du film. Avec ses passages burlesque, ses scènes drôles, ses situations incongrues (le coup du panneau dans le métro...), ses personnages secondaires aussi divers que réussis (clientes des bains qui en veulent, policiers, prof de sport pervers, prostituée emplâtrée fan de foot, caissière timbrée ...), ou même encore le caractère atypique de Mike, Deep End a aussi et même souvent un côté comique présent tout au long du film. C'est abouti, ça fait du bien, et c'était même nécessaire. Oui, car malgré tous les passages plutôt orientés "drame" et symboliques dont j'ai pu parler, le film est franchement drôle et ce plus ou moins tout le temps, donc il était indispensable de le dire.

Pour finir, j'aimerais parler d'un aspect dont vous devez vous doutez depuis que vous lisez ce post si vous le lisez, qui est la performance du jeu d'acteur. John Moulder-Brown, qui joue Mike, est super dans son rôle, plus vrai que nature en ado timide qui veut baiser mais qui, malgré lui, est gêné par son côté gauche et un peu inconscient, tandis que Jane Asher, la femme de Paul McCartney à l'époque, est super bonne putain tout aussi forte dans son rôle de joueuse-séductrice maline. Et les deux parviennent bien à changer de registres quand il le faut lors des scènes un peu plus sérieuses.

Bref, y'a surement un ptit ciné qui le diffuse en ce moment près de chez vous, donc foncez sérieux (quoi que ça fait longtemps qu'ils le rediffusent là). Je connaissais pas le travail de Skolimowski et là je vais fortement m'y intéresser parce que c'est juste un des meilleurs "teen-movie" que j'ai pu voir, au dessus même de American Graffiti, Rushmore, ou Virgin Suicides - aux côtés des films adolescents de Gus Van Sant peut être. (si on peut appeler ça "teen movie", je connais pas très bien les limites du genre, peut être aurais-je dû dire "film sur l'adolescence"...).
Vif, romantique, dramatique, comique, pop, voire psychédélique, intelligent, drôle, bien écrit, superbement filmé, magnifiquement mis en scène, poétique, précis, tragique, énergique, véritable objet de témoignage du Swinging London... Deep End, c'est tout ça. Deep End c'est le bien, bordel.


- aller steuplait t'es trop bonne là tout de suite maintenant je te veux
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mar 6 Sep - 4:21

Bon autant il s'agit très clairement pas de mon genre de film, autant cette review est ma foi hyper clair, concise, longue en même temps, explicative bref, une très bonne critique en soi...

Pourquoi t'as pas créée un topic exprès? Je pourrais la mettre sur le site comme ça!
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lapin malin
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mar 6 Sep - 11:29

Ok si tu veux, je pensais que c'était peut être un peu concis (en même temps je pourrais pas parler de 500 films autant que j'ai parlé de Blade Runner... CODY FUCKING TRAVERS )
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Kanedo
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MessageSujet: Re: Cinéma   Dim 11 Sep - 1:41

Kotoko, le nouveau film de Shinya Tsukamoto a remporté l'Orizzonti Award au festival de Venise.

D'ailleurs j'ai maté Gemini du même Tsukamoto et c’est bien sympatoche. C'est beaucoup plus classique qu'un Tetsuo ou Tokyo Fist et il y a quelques trucs bien convenu genre l'utilisation de main theme (excellent au passage) ou quelques grosses ficelles scénaristique; Il reste quelque plans et scènes vraiment bonnes comme celles du puits ou des bas fonds.
Finalement c'est loin d’être le meilleur de ses films mais c'est le plus accessible que j'ai vu que ce soit niveau réal ou dureté du film.

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Saturnome
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MessageSujet: Re: Cinéma   Ven 7 Oct - 9:02

Bon la dernière fois que j'ai tenté des commentaires de films c'était dans le but de faire tout les Terrence Malick, mais je n'ai toujours pas eu l'occasion de voir Tree of Life jusqu'à maintenant. Fichtre...

Alors voilà un mélange indigeste de n'importe quoi!

Tillie's Punctured Romance, Mack Sennett, États-Unis, 1914.

Les années 1910, c'est un peu comme les 10 dernières années en gadget mobile ; dans le futur tout le monde va s'imaginer le 11 septembre 2001 filmé par des iPads alors que chaque année dans le développement de ces gadgets est radicalement différente l'une de l'autre. Un film de 1914 n'a rien à voir avec un film de 1917. En 1914, c'est même juste avant les longs-métrages de D.W. Griffith, on parle donc de pure préhistoire en terme de long-métrage. On a donc ici davantage un vaudeville chaotique qu'un film. Mack Sennett, c'est le type derrière les Keystone cops, Mabel Normand et celui qui a donné un job à Charlie Chaplin. Mais donc oui, il s'agit du premier long-métrage de Chaplin, mais ce n'est pas le Chaplin réalisateur, celui qui a ce don pour mêler la comédie à la romance et au commentaire socio-politique tout en exerçant un charme jamais vu. Il faut même oublier que Chaplin est là : il s'agit d'un film de Mack Sennett, l'humour vole aussi haut que la tarte à la crème et la pelure de banane. On a un semblant d'histoire qui est davantage une suite de péripéties incroyables et énormément de gens qui tombent et qui reçoivent des coups de pied au derrière. Mais le chaos croissant qui termine dans une pure EXXXAHEVAPLOSIONNN destructrice donne un certain attrait à tout ce vaudeville maladroit.
C'est à peu près comme regarder un Michael Bay, on remplace les explosions par des gens qui tombent et qui cassent tout.
J'adore Chaplin, mais Chaplin n'est Chaplin qu'à partir de 1917. Ici, il ne contrôle rien. D'ailleurs la véritable vedette est Marie Dressler, qui elle-même allait surtout connaître une carrière mémorable au début du cinéma parlant.
Aussi, il y a 80 millions de versions sur le marché comme il n'y a plus de droits, la seule étant correctement restaurée et qui n'est pas une bouillie de morceaux de pellicules collées à la mauvaise vitesse est celle de l'UCLA, le boulot de restauration est remarquable et la bande-sonore est remarquable. Disponible chez Flicker Alley et la BFI, vous pouvez commandez votre coffret en composant le numéro au bas de l'écran.


Throne of Blood, ou Le Château de l'araignée, Akira Kurosawa, Japon, 1957.

Sans surprise, film magnifiquement filmé de samourai par le maître du genre, Kurosawa. Il s'agit d'une version de Macbeth mais Made in Japan, je ne sais pas ce qu'il y a à dire d'autre, le travail formel est époustouflant, le jeu avec le brouillard notamment est incroyable, à lui seul cela suffit à donner au film un look jamais vu ailleurs. Donc je vais balancer des images plutôt:

Avouez que ça en jette. Ça a un excès de classe et ça en dégouline sur le spectateur.

El ángel exterminador, Luis Buñuel, Mexique, 1962.

C'est le retour de Buñuel dans le surréalisme, bien que cela diffère de ses autres films du genre dans le fait que le film est d'un point de vue narratif assez conventionnel, c'est seulement qu'un élément totalement surréaliste survient. Des amis de haute société sont invités à un dîner dans un manoir. Alors voilà, nos deux hôtes font un dîner exquis, s'engagent dans des discussions de bourgeois ("les pauvres n'ont pas d'âme, qu'en dites vous?" "j'ai un cancer, chic non? docteur je vous aime" "oh ces juifs") mais bientôt un problème se pose : les invités ne quittent plus le manoir. Pour respecter les normes en société parce qu'on est pas des animaux, on les invite à dormir, on les invite à déjeuner... Mais le problème prend une ampleur inouïe lorsqu'il devient évident que plus personne n'est en mesure de quitter la pièce où ils sont. Et nos bourgeois sont dans de beaux draps, à devoir s'endurer aux limites du possible, jusqu'à ce que les choses inévitables se produisent. Magnifique descente en enfer qui emporte avec elle toute la civilisation, avec la haine habituelle du réalisateur pour les riches et la religion organisée. C'est délicieux, et la conclusion n'est que des plus évidentes. Cela dit il s'agit d'un film d'ensemble, où aucun acteur n'est plus dominant qu'un autre, un genre souvent difficile puisqu'il n'y a que difficilement de l'attachement pour "le protagoniste" qui sert à mener le spectateur. Mais Buñuel réussi bien.

Mais même avec ses films plus encrés dans la réalité, le surréalisme n'est jamais loin : il s'agit en fait de surréalisme réel. Un ours et trois brebis se promène dans la maison en guise d'animaux de compagnies, et pourquoi pas, Buñuel aurait vu la même chose à une fête chez quelqu'un à New-York. Le valet apporte vers la table des invités une sculpture très chic en glace, remplie de caviar, seulement pour faire semblant de trébucher, échapper le tout au sol, au plus grand plaisir des invités. Surréaliste, mais réel. Si vous me comprenez, vous êtes mûr pour du Buñuel.
Par contre, dernière note, j'ai cru voir en ce film un Buñuel pour les gens déjà famillier avec Buñuel. Parce que l'on peut s'attendre aux thèmes, et comment réagir à des choses comme les références religieuses. Quoi que je pense voir nos vaillants bourgeois uriner/déféquer/mourir/faire l'amour derrière les portes d'une armoire/trypique religieuse, n'importe qui fera "WTF" et c'est sûrement la réaction appropriée.

India Song, Marguerite Duras, France, 1974.

Cela ne m'arrive pas très souvent d'être confronté à des long-métrages particulièrement expérimentaux, mais il faut s'imposer des défis parfois. India Song tue les conventions cinématographiques et fait totalement autre chose.

Nous sommes à Calcutta, dans l'ambassade de France, dans les années 30. Anne-Marie Stretter, épouse de l'ambassadeur, s'ennui mortellement. Elle est presque au bord de la dépression, l'idée du suicide lui trotte dans la tête. Une réception s'organise. Parmi les gens présent ce soir là, plusieurs gens distingués, dont monsieur le vice-consul de Lahore. La situation s'en va en détériorant, mais j'irai pas tout vous spoiler mes amours.

Alors, l'histoire, toute simple, est là, mais voilà : l'histoire se raconte comme si elle s'était passé il y a longtemps, qu'elle n'est plus qu'une mémoire distante. Alors, flashback? Pas vraiment : À l'écran, les acteurs semblent être des fantômes, des fantômes effrayants qui ne font que quelques gestes dénués de vie. Ils font si peu que d'ailleurs ils ne parlent pas. Ou plutôt indirectement, très rarement, sans que leurs lèvres bougent. Le reste du temps, il s'agit d'autres voix, dissociées de l'histoire, qui font la narration. Il s'agit d'une narration de gens qui se remémorent l'histoire de ceux que l'on voit, l'on ne sait même pas qui ils sont. Mais ils se posent des questions "qui viens d'apparaître là?" "c'est un nouvel invité. etc etc" "ah" et souvent ils ne décrivent pas nécessairement ce qui se passe à l'écran, parfois ils divaguent en parlant de la jeunesse d'untel. Ou en voyant un objet, l'on raconte une anecdote importante à propos des protagonistes. En quelque sorte, l'on a une idée de ce qui se passe dans la tête du personnage à l'écran, en train de danser avec un autre, en nous remémorant un souvenir lointain impliquant les deux.
Bon aller c'est compliqué à expliquer. Le résultat est un film extrêmement passif : utilisation absolument, absolument minimale du langage cinématographique, ce qui étire considérablement le temps, et il ne se passe effectivement rien. Les acteurs traînent comme des morts dans les décors. Ils passent le plus clair de leur temps à ne même pas bouger, ils se permettent même parfois de fixer la caméra, comme pour, peut-être, ce n'est qu'une théorie à moi, recréer des photos que les mystérieux narrateurs regardent (d'ailleurs, je ne sais même pas si ils sont humains). Pourtant ces derniers nous raconte des histoires de lépreux qui se font mitrailler, des suicides, des histoires d'amours déchirants, il s'en passe donc des choses, mais cette déconnexion totale entre l'image et le son, les deux éléments cruciaux du cinéma tel qu'identifié par la nouvelle vague française, fait que le film demande énormément d'attention du spectateur. Un film difficile, pas pour tous, mais à essayer.
Très intéressante musique originale, d'où le film tire son titre, composée par Carlos d'Alessio. À écouter ici!
Note fascinante : le film suivant de Marguerite Duras, Son nom de Venise dans Calcutta désert (une phrase dite dans India Song), reprend exactement la même bande-son que ce film-ci. Seule l'image change pour quelque chose de neuf. Bon sang, les années 70... Y en aura pas à nouveau.

Yeelen, Souleymane Cissé, Mali, 1987.

Yeelen se traduit par "Lumière". L'on a donc l'histoire d'un jeune homme issu d'une famille de sorciers, capables de pouvoir magiques. Le jeune cherche à fuir son père, un sorcier maléfique qui lui cherche à le tuer. Le seul espoir du jeune homme réside en un oncle et à son passé ainsi que celui de toute la famille. Le film est empreint de magie, de mystère, de fantastique, c'est un peu le Star Wars africain, avec une touche apocalyptique (une apocalypse culturelle, peut-être). En tout cas le Star Wars de la trilogie originale, celle qui n'avait pas besoin de gâcher les jedis en expliquant que leur spiritualité est en fait un microbe machin dans leur sang, le Star Wars mystique, spirituel et exotique. Mais en plus de ça le film est superbement bien filmé, les éclairages sont fort et le travail visuel, bien que modeste, reste percutant. Il suffit peut-être de faire un déplacement de caméra au coeur du sahara pour obtenir du bonbon pour les yeux. Peut-être que le réalisateur s'attarde un peu trop longtemps à regarder certains paysages, mais je pense qu'une partie de l'aspect sprituel, religieux et distant du film serait perdu. Étrangement, malgré la popularité du film, il semble à peu près impossible de voir un quelconque autre film du réalisateur, qui en a fait bien peu (mais bon, j'imagine qu'en Afrique, l'argent va ailleurs que dans le financement cinématographique).




Colorful, Keiichi Hara, Japon, 2010.

Une histoire très sympatique de quelqu'un qui est réincarné dans le corps d'un enfant qui s'était suicidé à condition de se servir de cette nouvelle chance en guise de rédemption. C'est un film très très lent, mais les longueurs sont justes et servent à faire mariner les ingrédients que sont les thèmes du film dans le bouillon qu'est votre âme, wouuuh ai-je vraiment écrit ça. Cela dit, je trouve quand même qu'il y a à peu près la substance d'un drame télé, c'est à dire pas grand chose mais de toute façon tout ce que cela veut faire c'est vous prendre par le coeur. Du coup j'ai pas grand chose à dire. J'ai vu le film avec le réalisateur assis la rangée derrière moi (je sais pas si il était là tout le long du film, ça doit être énervant de regarder son propre film), si c'est pas classe. Quand je l'ai vu je n'ai pas réalisé que c'était lui sur le coup, comme il faisait noir dans la salle, je lui ai juste lancé un regard bête du genre "hé le vieux le film est fini pourquoi tu te lèves pas". Oops.
À noter qu'il y a cette image partout pour présenter le film, mais zut, ça n'arrive nul part dans le film lui-même, étant donné le style très, très sobre:


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MessageSujet: Re: Cinéma   Ven 7 Oct - 13:00

J'avais kiffé El Ángel Exterminador de Luis Buñuel aussi. Le problème avec ce réalisateur, c'est qu'il est vraiment inégal : J'ai trouvé L'Âge d'Or et Le Charme Discret de la Bourgeoisie, eux, limite inintéressants. Un Chien Andalou et Le Fantôme de la Liberté, par contre, étaient vraiment pas mal. Ce genre de variabilité est intrinsèque au cinéma surréaliste, j'imagine ...

Sinon seume que le dernier "screen" de Colorful soit pas issu du film, il m'aurait grave intéressé. Bon après, je le regarderai sûrement quand même, même s'il est "sobre".
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MessageSujet: Re: Cinéma   Ven 7 Oct - 14:59

A un moment j'ai regardé une quinzaine de films de Bunuel en peu de temps. J'ai du mal à trouver son cinéma surréaliste, à part quelques films (ses plus connus). Même l'exemple de "surréalisme réel" de Sat ne convient que pour quelques films. La plupart du temps c'est des films très réalistes avec des gens qui parlent et qui parlent pour ne rien dire, dans la pure tradition du film français. Il y a aussi des films un peu engagés sur les conditions des pauvres, tout ça.

Je les avais tous adoré en tout cas, il faudra vraiment que je les revoie. Avec ma copine de l'époque (qui avait acheté les 3 coffrets dvd hors de prix là) on les regardait en boulimiques comme une série télé tellement ces films sont accrocheurs et bien foutus. Par contre du coup j'ai retenu aucun titre ^^
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Weldar
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MessageSujet: Re: Cinéma   Ven 7 Oct - 15:03



J'ai regardé The Other Guys l'autre jour.
S'il y a des gags sympa, mais pour ce passage là... j'étais trop mort. génial1
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Saturnome
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 8 Oct - 0:14

Quels films tu as vu Corn? Ou t'as vraiment pas retenu les titres? Je pourrais parler d'instances de surréalisme dans Los Olvidados, son film le plus encré dans la réalité que j'ai vu (et conforme au Buñuel que tu me décris), ou Viridiana... Or je pense que j'ai vu quasiment tout les Buñuel les plus surréalistes et quasiment aucun des plus réalistes. Les Buñuel que j'ai vu : Un chien andalou, L'Âge d'Or (contrairement à Iwant, je le place en compagnon avec le film précédent, bien qu'il est plus développé dans ses propos. C'est son film le plus drôle et le plus sans retenue, et la chose la plus près d'un véritable rêve que j'ai jamais vu), Terre sans pain (un documentaire!), Los Olvidados, Viridiana, El Ángel Exterminador, Simón Del Desierto, Belle de jour, Le Charme discret de la bourgeoisie, Le Fantôme de la liberté, Cet obscur objet du désir. Mais il s'agit du coup des plus célèbres oui. Le Journal d'une femme de chambre étant probablement le plus connu du lot que j'ai à voir et un que j'ai entendu dire comme étant totalement conventionnel. Après j'irai pas regarder ses films qu'il a fait pour survivre dans les années 30-40.
Donc il est vrai que Buñuel a une oeuvre non-surréaliste, mais elle n'est pas plus majeur ou plus représentative que le reste.

C'est peut-être aussi une question de comment aborder ses oeuvres. Disons David Lynch : quelqu'un ne voit que The Straight Story et Dune de lui, puis il regarde The Elephant Man. Il ne verra pas les touches surréalistes du film comme quelqu'un qui a vu Mulholland Drive et Eraserhead juste avant, et y verra juste un drame bien touchant. Même Blue Velvet peut passer pour un film pas surréaliste sous un certain point de vue. Un peu comme Belle de Jour pour Buñuel, or ce serait oublier des trucs totalement bizarre comme la boîte qui bourdonne du client asiatique.

Par contre, serais-tu d'accord pour dire que Buñuel est principalement intéressé par les classes riches, la religion et le fétichisme (je pense qu'il n'est pas intéressé par le surréalisme par lui-même, sauf dans ses deux premiers films, mais que cet élément se manifeste au besoin à un degré variable)? Parce que je pense que pour lui, ces choses qui le fascine ont en eux-même un élément d'irréel dès le départ. Encore une fois, je me demande quel sont les films que tu as vu. Je trouverai fascinant la possibilité que l'on ai aucun Buñuel en commun CUNIE DANS LE VIDE
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Cornemuse
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 8 Oct - 1:03

J'exagère un peu quand je parle de réalisme pur, parce que le soucis n'est pas forcément de décrire une réalité de manière fidèle. Mais le surréalisme c'est une notion qui me parait quand même très précise. Par exemple parmi les "réalistes" que j'ai vu, je me souviens de "La jeune fille" : il y avait un des personnages qui était intriguant et décalé, et qui pertubait un quotidien banal (enfin, banal... ^^ une histoire à la Lolita, en fait). De même pour la héroïne de Belle de Jour, qui est un personnage au comportement parfois improbable et qui se perd dans ses délires. Mais je ressens plutôt ça comme un certain type de film psychologique, presque freudien (pour Belle de Jour surtout, difficile de ne pas y voir une peinture de l'hystérie féminine chère à Freud). Evidemment il y a un lien entre surréalisme et psychologie, mais bref, c'est autre chose et ce n'est de toute façon pas ton propos.

Pour ce qui est des incursions "surréalistes" dans le réel, je vois plutôt ça comme du Boris Vian, voir les frères Cohen. A mes yeux ce n'est pas du surréalisme (dans le surréalisme il y a quand même la notion d'inconscient incontrôlé, d'automatisme, etc...), mais au contraire quelque chose de très réfléchi. Ca touche plutôt au domaine de la poésie, et/ou de l'humour. En gros, des effets de style poétiques ou drôles qui n'altèrent pas la réalité des évènements mais leur donne une couleur.

Mais bon c'est vraiment qu'une question de termes tout ça. J'ai peut-être trop l'idée de l'écriture automatique derrière la tête.

J'ai fait une recherche, voilà ceux que j'ai vus : "Un chien andalou", "Belle de jour", "Tristana", "La Voie lactée", "Le Journal d'une femme de chambre", "Cet obscur objet du désir", "La Jeune fille", "Le Charme discret de la bourgeoisie", "Le Fantôme de la liberté", "Gran Casino", "Los Olvidados", "La vie criminelle d'Archibald De La Cruz", et "Tourments". On a donc a la plupart en commun finalement ! ^^ Pour moi les seuls qui m'évoquent le surréalisme sont "Un chien andalou" et "Le Fantôme de la liberté". "La Voie lactée" pourrait aussi, mais je vois plutôt ce film comme une manière originale de mettre en scène l'histoire des hérétismes.

Je suis d'accord par contre pour les sujets traités qui le fascinent. Tu parles d'irréel : c'est plutôt ça, finalement. Il aime ce qui touche au mystique, au psychologique (le côté dark enfoui de la psychologie, notemment ce qui touche au sexe), etc... Tout en restant attaché à la réalité, qu'il présente de manière assez froide et fidèle tout de même, quand on exclut les exceptions. Du coup il s'approcherait de la définition du réalisme magique en littérature méxicaine (TKT) :

Citation :
Le réalisme magique est une appellation utilisée par la critique littéraire et la critique d’art depuis 1925 pour rendre compte de productions où des éléments perçus et décrétés comme « magiques », « surnaturels » et « irrationnels » surgissent dans un environnement défini comme « réaliste », à savoir un cadre historique, géographique, culturel et linguistique vraisemblable et ancré dans une réalité reconnaissable.
Et à cette définition j'ajouterais (je crois qu'ils le précisent plus tard dans l'article) que ces éléments irréels n'ont aucune influence (ou au pire, des détails) sur le déroulement des évènements réels.

Pour le lien que je faisais avec les films français, je pensais notamment à "On connait la chanson" de Bacri et Jaoui : film français typique tranche-de-vie, agrémenté de scènes un peu irréelles où ils se mettent à chanter, mais qui ne modifient en rien la trame globale réaliste.
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 8 Oct - 1:38

Je ne sais pas si on a vraiment vu les même tant que ça Very Happy

C'est très intéressant que tu ai vu des films comme "La vie criminelle d'Archibald De La Cruz", "Tourments" ou "La Jeune Fille". Il s'agit exactement de la catégorie largement ignorée (dont moi-même, en fait, puisque je n'ai pas vu ces films) mais hautement célébrés par une minuscule clique. J'ai un gros bouquin du style "1001 films à voir absolument" et la plupart des classiques y sont, seul "La Jeune Fille" de cette période s'y trouve. Encore plus épatant que tu ai vu "Gran Casino" qui date de sa période "alimentaire", c'est sûrement parmi les moins vu et là il n'y a même pas de clique, quelqu'un qui veut parler "Gran Casino" à un dîner mondain va rester devant les canapés pendant que la masse va discuter ses films très surréalistes en ressemblant eux-même aux personnages de ces films et que la clique blasé mais trop cool dans le coin qui fument des cigarettes à côté de l'original de Matisse va discuter de sa période mexicaine tardive/60s française. Ouais
Mais quelque part il s'agit exactement des films que je m'imaginais que tu ai vu, avec "Tristana" ou "Le Journal d'une femme de chambre". À l'exception de "Los Olvidados" c'est une face inconnue du réalisateur pour moi. Du coup c'est peut-être pourquoi la lecture d'un film plus ambigu sur le propos comme "Belle de jour" peut changer entre toi et moi, et c'est super intéressant. Ce sera aussi intéressant de revenir à ces films une fois les films plus réalistes vus.


Après je t'accorde qu'il y a une différence dans notre compréhension du terme surréaliste. Le surréalisme pur a rarement été abordé en cinéma, après tout le cinéma, dans toute sa complexité, se prête difficilement à l'automatisme. Ses deux premiers films sont tout ce qui pourrait entrer dans cette catégorie à mon avis, et ce ne serait que pour l'écriture du scénario. Et encore, au moins "Un Chien Andalou" peut prétendre ne faire aucun sens, "l'Âge d'or" se prête beaucoup trop bien à l'analyse freudienne.
En utilisant le terme de réalisme magique plutôt, il n'y aurait rien de surréaliste à "El ángel exterminador", ou même "Simón del desierto" malgré sa finale totalement wtfesque.

Et bon sang, j'ai juste vu quelques extraits de "On connait la chanson" mais ça m'avait épaté. C'est bien?
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 8 Oct - 2:16

Ouaip c'est bien, mais il faut aimer le style Bacri & Jaoui... J'adore et je les ai tous vus (c'est selon moi un équivalent français de Woody Allen - j'ai tout vu aussi, oui j'aime les films à humour débile/prétentieux). C'est plus du théâtre que du cinéma.. Mais toutes les recettes habituelles de ce type de films sont là et elles marchent toujours aussi bien.

Je suis content qu'une élite prétentieuse aime tant La Jeune Fille, parce que c'était mon préféré parmi tous ceux que j'avais vus ! ^^ Mais c'est aussi, sans doute, à cause du sujet : j'étais en pleine période Nabokov, et donc Lolita. Gran Casino par contre je l'ai même pas vu jusqu'au bout tellement ça m'a fait chier. J'étais d'autant plus déçu que c'était le dernier qui me restait dans ceux que j'avais sous la main, ça mettait fin à la boulimie de films de Bunuel sur un film vraiment sans intérêt (ou alors je n'ai rien compris).

Sinon je me demandais : c'était quoi la facette surréaliste que tu avais perçue dans Los Olvidados ? Moi ce film m'a fait pensé à "Il Etait une fois l'Amérique" de Sergio Leone...

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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 8 Oct - 2:46

C'est super cette comparaison Il était une fois l'Amérique, ça marche. Pour Buñuel c'était son film néo-réaliste. Du coup c'est l'exact contraire cinématographique du surréalisme, et c'est difficile à expliquer ce que j'ai ressenti, c'est du niveau d'une chose qui arrive parfois dans son cinéma : la juxtaposition d'images. Ça peut être un gros plan sur une poule qui bat ses ailes au ralenti et on sait pas pourquoi, puis c'est suivi de totalement autre chose. Si j'avais le film sous la main j'irai sortir des exemples plus concrets, mais j'ai "Belle de Jour", alors voilà un exemple similaire :

C'est proche de la fin du film. Ce plan, c'est deux images superposées qui font un travelling dans une direction différente. Ça sort de nul part, enfin j'ai une théorie sur l'explication de l'image
Spoiler:
 
, mais l'effet de surprise, la juxtaposition d'une image difficilement compréhensible au reste, ça a un effet surréaliste pour moi. Ou dans "El ángel exterminador", l'une des femmes a un poulet mort dans son sac à main, on va nous expliquer vers la fin du film l'explication complètement stupide de la chose, mais d'ici là, c'est une imagerie surréelle. Du coup ces petit plans, qui sont si insignifiants qu'on les oublis, j'ai eu un peu de ça dans Olvidados. Après, c'est sûr, le film est bien encré dans la critique sociale sincère et montre le véritable Mexico de l'époque, qui a été bien peu filmé.
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 22 Oct - 2:39

J'ai vu The Artist, le fameux film en noir et blanc dont tout le monde parle.

Forcément, c'est du muet, c'est du noir et blanc, ça prend au cœur et tout de suite il se met à y avoir de vieux plans comme on en faisant dans le temps. Dans les faits, le partit pris marche bien. Oh, y'a bien sûr quelques ombres au tableau comme quelques longueurs durant une certaine période et puis une résolution un peu facile.
De manière général, le scénario était pas fabuleux mais avait tout de même un thème vraiment amusant vu la mise en scène. J'ai en tout cas beaucoup aimé le tout. C'était drôle, parfois touchant, parfois maladroit, parfois bien tourné, parfois trop obvious mais ça passe.

Ah oui, faut pas être allergique au hype aussi.
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 22 Oct - 13:24

Le film a eu une semaine de retard pour mon cinéma, je vais le voir ce week end.
Même avant sa forte pub par le festival de Cannes, j'attendais beaucoup du film du fait que ce soit la même équipe que les OSS 117 et le thème du film qui était osé pour son époque.

Je ne pense pas à un grand scénario, mais la mise en scène doit être sympatoche et surtout les grimaces de Dujardin. Fabuleux cet acteur, je l'adore. moai1
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MessageSujet: Re: Cinéma   Sam 22 Oct - 21:26

Tiens c'est intéressant, j'ignorais qu'il y avait un buzz pour ce film, il m'avait l'air du film qu'on voit à l'affiche dans deux trois festivals et qu'on ne voit plus jamais. Enfin c'est muet donc ça m'intéresse forcément, et les derniers essais en film muet que je connais (The Call of Cthulhu en 2005, et Louis l'an dernier, une biographie de la jeunesse de Louis Armstrong qui pousse le vice au point que la musique est jouée live par un orchestre pendant les projections du film, comme à l'époque) n'ont pas fait grand bruit... ha...ha. Enfin c'est sûr qu'ici la différence est sans doute dans la présence d'une équipe de gens bien connus.
Vivement encore plus de muets. Et puis à un moment les gens vont dire c'est quoi cette mode qu'est-ce que c'est prétentieux et ce sera la mode de détester le muet et je serai crucifié par une foule en colère. Si si.

Le seul buzz que j'ai eu de Cannes, outre Tree of Life que j'ai toujours pas vu et qui rend mon marathon Terrence Malick d'il y a quelques pages plutôt ridicule, c'est Le Havre par Aki Kaurismäki. Quelqu'un l'a vu?
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MessageSujet: Re: Cinéma   Lun 24 Oct - 11:28

Hello les amis, pour ces derniers jours avant halloween je plonge dans le cinéma d'horreur avec un film par jour. Par contre j'y vais à ma manière, je vais progresser en choisissant un film par décennie, en ordre chronologique, en partant des débuts du cinéma jusqu'à nos jours.

J'ai quelques jours de retard pour terminer ça le 31 octobre, alors je vais me taper tout les décennies du cinéma muet d'une traite. Aussi il faut être honnête il s'agit d'une ère où le film d'horreur est plutôt rare et trouver quelque chose de neuf pour moi était difficile, donc le passer en un seul bloc est une bonne chose.

The X-Ray Fiend, George A. Smith, Royaume-Uni, 1897.
Aka The X-Rays


OK... OK. On fait face à un problème ici : le cinéma d'horreur n'existe pas vraiment pendant la préhistoire cinématographique (jusqu'en 1914-1917 à peu près, selon le lieu géographique). Vraiment, ce qui pourrait s'approcher le plus de l'horreur à l'époque serait les dramatisations de meurtres et d'exécutions célèbres, mais ce sont davantage des "films sensationnels" pour satisfaire une certaine curiosité.
La raison de l'absence du cinéma d'horreur à cette époque est toute simple : l'horreur est un genre qui a énormément, attendez je tiens à mettre de l'emphase, énormément besoin du langage cinématographique. Et donc, tant qu'il n'y a pas de maîtrise de la mise-en-scène et de ce genre de choses, l'horreur a plutôt un effet comique.

Donc, quel film ai-je choisi? The X-Ray Fiend, une "vue" londonienne par George A. Smith, un bonhomme complètement oublié malgré ses innovations cinématographique (il fait entre autre les premiers films en couleurs réelles au début des années 1900). Le petit film montre un couple en train de s'embrasser sur un banc publique, quand tout à coup un vil personnage viens les filmer à l'aide d'une caméra rayons X. Alors, pendant un instant, on voit le couple sous une forme squelettique, complète jusqu'à l'ombrelle qui perd sa toile. Et ... voilà. J'ai pris le film parce qu'on y voit des squelettes.

C'est intriguant car le film fait usage d'une technologique très, très récente, la toute première photo aux Rayons X ayant été fait quelques mois plus tôt (voyez ici, c'est une image célèbre, la bague est une jolie touche), et... enfin... Ai-je besoin de continuer bien longtemps sur un film de quelques dizaines de secondes? J'ai l'impression d'avoir spoilé le film complet avec cette unique image.



***

Les quatre cents farces du diable, Georges Méliès, France, 1906.


Crackford, un inventeur, accompagné de son assistant, sont invités chez un alchimiste qui dit pouvoir les aider à réaliser leur rêve de réaliser un grand voyage. Ils signent sans hésitation un accord avec l'alchimiste qui leur présente aussitôt d'étranges pilules géantes pouvant créer à volonté de fabuleux wagons de train pouvant même se transformer en valise au besoin. Ils partent donc à l'aventure, tout heureux... sans avoir lu les petits caractères du contrat. Car l'alchimiste n'est nul autre que Satan, qui se fera une joie de leur faire subir le plus affreux voyage qui soit. Et un contrat signé étant irréfutable, cela ne finira pas bien du tout, oh non.

Méliès reste fidèle à lui-même dans ce film : effets spéciaux à l'avant-plan et chaos sucré aux acrobaties. C'est du vaudeville, malgré le sujet sinistre le tout est joué comme une comédie, avec Méliès qui comme d'habitude se délecte à jouer Satan comme un gamin surexcité et à la vessie pleine. L'espèce de magie absurde qui découle des films de Méliès me font toujours un effet incroyable que ses imitateurs (Ferdinand Zecca, Segun de Chomon) ne semblent tout simplement pas capable d'atteindre.

Le film d'une vingtaine de minutes pourrait bénéficier d'une restauration, l'image étant plus floue qu'en moyenne. Le film a survécu jusqu'à nos jours en deux copies : l'une en tons sépia et trop éclairée, l'autre en couleurs (peint à la main), mais incomplète. La restauration actuelle, qui comprend une narration live comme l'on faisait à l'époque (vu que ces films n'avaient pas encore de texte), alterne entre les parties du film couleur et le reste en noir et blanc sépia. L'entre de Satan, tiré de la copie sépia, montre un des nombreux décor extravagant de Méliès, peint par lui-même comme toujours:

Satan et ses putes dominant sur Crackford, écroulé au sol.



***

The Avenging Conscience: or 'Thou Shalt Not Kill', D.W. Griffith, États-Unis, 1914.


Notre protagoniste est un orphelin élevé par son oncle. Ce dernier figure que le sacrifice qu'il a commis pour son neveu devrait être récompensé par une stricte obéissance. Mais quand cet oncle refuse que ce neveu flirte la belle femme de la rue d'à côté, c'est trop. Le neveu se sent piégé par l’autorité de son oncle, et une frustration grandissante mène à une haine presque maladive et à des envies meurtrières. Pendant ce temps, le père commence à sentir un regret par son excès autoritaire. Il fini par commettre le meurtre, mais son état mental l'a déjà ruiné, et il roule lentement vers le mode psychopathe...

D.W. Griffith dans sa première année à tenter le long-métrage (Il réalise Judith of Bethulia plus tôt dans la même année), et un film mineur mais sympathique dans son oeuvre. C'est pompé sur Edgar Allan Poe, le maître classique de l'horreur psychologique en quelque sorte. The Tell-Tale Heart est même un livre lu par le protagoniste à un moment.
L'usage des gros plan sur des choses anodines pour exprimer l'anxiété est un concept courant de nos jours mais neuf à l'époque, et constitue bien les premières traces d'une utilisation du langage cinématographique pour exprimer un suspense d'horreur. La folie le traîne à avoir des visions de démons, squelettes, flammes et même Jésus est invité au party. Mais c'est relativement mineur dans le film, «l'horreur» qu'on pourrait y voir se situant dans le développement psychologique des personnages.

La grosse différence entre les années 00 et les années 10 pfiou. Dans les années 10, tout le monde voulait rendre noble l'art du cinéma, du coup les vaudevilleries de Méliès avec Satan qui botte les postérieurs n'était vraiment plus les bienvenus. Ainsi, avec la naissance du langage cinématographique, plutôt que de lancer des démons à tour de bras pour faire rire et épater la galerie, il était plus en vogue de faire des films psychologiques, avec une approche très classique, Art avec un grand A dans la tradition académique. Pour ajouter des exemples que j'ai pu voir : En 1910 (Le cinéma progressant à une vitesse fulgurante alors, la différence entre 1910 et 1914 est probablement de 100 ans, mais tout de même), la première adaptation de Frankenstein en film montrait davantage un Frankenstein hanté par sa création, alors que le film classique de 1931 et surtout ses suites vont mettre davantage l'emphase sur la créature. Der Student von Prag, un film d'horreur allemand pré-datant l'expressionisme de Caligari ou Nosferatu, adopte un point de vue très moralisateur.

Pour conclure sur The Avenging Conscience, le film en lui-même est bien ficelé, mais trop classique pour sortir du lot et même fade par endroit (malgré les acteurs compétents), ce qui lui cimente sa réputation de film mineur dans la carrière d'un réalisateur célèbre. Par contre, le fardeau le plus lui qu'il doit porter est celui d'un happy ending forcé assez insultant, mais en plus LeRetourDuRoiesque (c'est à dire qui n'en fini pas, quoi que Le Retour du Roi c'est plutôt qui n'en fini jamais, pan j'en profite pour m'en prendre à des films hors sujet!).

Si seulement on pouvait prendre la fantaisie de Méliès et la psychologie de Griffith maintenant...


***

Das Wachsfigurenkabinett, Paul Leni, Allemagne, 1924.
AKA Le Cabinet des figures de cire OU Waxworks

Alors là on est en affaires! Waxworks (pour prendre le chemin le plus court) est un très divertissant film dans la veine la plus pure de l'expressionnisme allemand. Costumes exagérés, personnages grotesques et souvent plus grand que nature, décors tordus et étranges... Mais dans ce cas-ci appliqués ailleurs que dans la vieille Allemagne de Faust ou Le Golem : nous voyageons en Perse, en Russie... Car Waxworks est un film d'anthologie, réunissant trois histoires. Un écrivain se fait engager par un musée de cire (dont le propriétaire est un vieux bossu et ce qui est peut-être sa petite fille, une bohème qui veut désespérément un mec) pour écrire l'histoire de trois figures de cire afin d'attirer le public. Chaque histoire est plus courte que la précédente.

Waxworks bénificie du talent de mise en scène de Paul Leni, mort beaucoup trop tôt en 1929 et en voie de devenir un des maître du lugubre américain (ce film le propulsa direct à Hollywood, où il réalisa The Cat and the Canary, le père des films d'héritiers qui passent une nuit dans une maison sinistre et The Last Laugh, un homme condamné à afficher un sourire grottesque pour le reste de ses jours). Contrairement à l'aspect théâtral du Cabinet du Docteur Caligari, l'un des plus célèbre film du genre et auquel Waxworks doit visiblement quelque chose, ce film-ci présente des angles de caméra intéressants (dont le fameux angle oblique à la Batman) et des éclairages sophistiqués qui prête particulièrement bien aux histoires. La première est davantage une histoire fantastique, d'un homme qui décide de voler le talisman magique d'un calife, les autres plongent davantage dans le macabre et l'inquiétant.
Autre talent dont le film bénéficie : les acteurs Emil Jannings (Le Dernier des hommes, L'Ange Bleu) et Conrad Veidt (Le Cabinet du Docteur Caligari, Les Mains d'Orlac) sont excellents, mention spéciale à Veidt qui joue un Ivan le Terrible absolument cinglé. Le rôle principal va à William Dieterle, qui de nos jours est davantage connu comme un réalisateur de l'âge d'or américain, qui sans briller particulièrement fait son boulot.

Pour les amateurs de l’expressionnisme allemand des premières années, celui qu'on lie au Tim Burton des meilleurs jours, c'est un agréable visionnement.
Par contre, il faut bien avouer, que contrairement à Nosferatu, Caligari et compagnie, les premiers véritables films d'horreurs, résultat de cette grandiose décennie que sont les années 20, Waxworks n'est pas exactement un film d'horreur, mais plutôt qui se plaît dans le fantastique, le lugubre et le macabre. Ça fait exactement penser aux spéciaux d'Halloween des Simpsons, en fait.


***
Le cinéma d'horreur voit vraiment le jour dans les années 30, particulièrement grâce au studio Universal. Frankenstein, Dracula, L'Homme invisible, etc... Et c'est ce qui nous attends demain!
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MessageSujet: Re: Cinéma   Lun 24 Oct - 12:15

Tes critiques sont à la fois courtes, mais rapides en disant l'essentiel à retenir. C'est très intéressant.
Das Wachsfigurenkabinett m'attire bien pour sa direction artistique en s'inspirant de l'expressionnisme allemand. Je suis très fan de ces décors malsains et "tordus".

Je me demande si je n'ai pas vu un extrait du film de Méliès lors de mes cours de cinéma il y a quelques années, mais j'en suis pas sûr. Ce qui semble être dommage.
On peut les trouver facilement en streaming ?
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mar 25 Oct - 9:52

Assurément que si tu as vu un Méliès dans une classe de cinéma, c'était Le Voyage dans la lune, c'est toujours celui-là. Pour ce qui est du streaming, ça dépend lequel, les plus célèbres le sont, ce qui n'est pas vraiment le cas de celui dont j'ai parlé (il y a un extrait de 4 minutes et plutôt moche sur Youtube). De toute façon, vu les copies non restaurées qui circulent souvent pour ces vieux films, c'est encore plus difficile d'en trouver dans des conditions acceptables. Ma copie viens de mon coffret «intégrale», avec 14 heures de films par Méliès, je suis loin d'avoir tout vu mais bon, je suis un peu beaucoup fan de ce gars-là, ses films sont des petits zestes de bonne humeur.

***

The Black Cat, Edgar G. Ulmer, États-Unis, 1934.

Quel film étrange, bizarre et complètement irrationnel.

Universal s'était fait une spécialité du cinéma d'horreur à l'époque, les plus connus sont ceux mettant en vedette des «monstres» comme Frankenstein, Dracula, La Momie, l'Homme invisible, Le Loup-Garou... créant l'image iconique pour nombre d'entre eux. Mais ceux ne mettant pas en vedette des monstres mémorables sont moins discutés, comme The Old Dark House ou bien notre sujet du jour, The Black Cat.

Pourtant The Black Cat fut le plus gros hit commercial pour Universal en 1934, très avantageux étant donné le budget minuscule qui lui avait été alloué. C'est un peu comme Freddy vs Jason, un espèce de fan service où l'on décide de réunir les deux plus grandes vedettes du cinéma d'horreur dans un même film : Boris Karloff et Bela Lugosi. Il ne s'agit pas de Frankenstein vs Dracula par contre (ce genre d'idée ne viendra pas avant Frankenstein Meets the Wolf Man en 1943).

Nous sommes en Hongrie. Bela Lugosi incarne le docteur Vitus, qui se rend chez son vieil ami Poelzig l'architecte (Boris Karloff). Vitus, qui a été interné pendant 15 ans à cause de la guerre, veut revoir sa femme. L'on découvre rapidement que Vitus accuse Poelzig de lui avoir pris sa femme, et qu'il l'accuse même d'être responsable de la mort de centaines de hongrois. Vitus veut régler des comptes, mais il y a un problème, dans la forme d'un couple fade, bête et stupide (comme tout les couples quelconque de film d'horreur m'enfin) qui sont les invités de Poelzig suite à un accident.

Et euh... ça part dans toutes les directions. Poelzig pratique la nécrophilie et est un sataniste maître de messes noires. On ne voit pas ça tout les jours, et ça prouve bien que c'est un des dernier film pré-code Hays (le code de censure ultra-stricte du cinéma américain 30s-60s, qui a entre autre insisté sur ce truc bizarre que les couples devaient dormir dans des lits séparés. Ici notre couple dorment ensemble et y a même un peu de nichon, ça vous intéresse hein). Vitus quant à lui a une phobie des chats noir, qui fait l'effet un peu d'un symbole représentant la mort. Vitus a fait la guerre et cela le hante, Poelzig peut pas bander sans celle-ci.

À cela s'ajoute des défauts, des maladresses qui contribuent à l'atmosphère étrange. Les acteurs ne sont pas grandioses. Karloff et Lugosi sont légendaires, mais ils sont vraiment, vraiment loin d'être les grands acteurs de leur époque. Pourtant, cette stature, ces phrases jouées d'une manière étrange et ces mouvements de zombie contribuent à cette atmosphère étrange. Disons que Cary Grant et Clark Gable auraient mieux joués mais complètement tué cet atmosphère. Et puis une partie du plaisir du film est ce fan service mentionné tout à l'heure, ce plaisir de voir Karloff vs Lugosi, un combat qui culmine dans une torture sadique complètement folle et qui, dans la plus pure tradition des Universal, fait tout sauter le décor, mais cette fois-ci avec un nombre incalculable de morts.
Les autres acteurs sont tout simplement pires, mais notre couple étant le couple imbécile et naïf habituel, complètement dépassés par ce qui arrive, cela leur va à merveille.
Et il y a toutes ces scènes inexplicables, cet irréalisme total. Comment réagiriez-vous si, en plein milieu d'une conversation mondaine, votre interlocuteur massacrait un chat devant vos yeux? Selon ce film, la réponse est "hmm bon sinon vous avez vu, on perd trois degrés demain, l'hiver arrive."

Dans un incroyablement compact 65 minutes, The Black Cat se révèle non pas comme un grand film à l'image de ses cousins mieux connus, ni même comme le plus kitsch (cet honneur va à The Mask of Fu Man Chu pour moi), mais le plus dérangé ça oui, en bref un joyeux tour de montagnes russes qui vous fait voir plein de choses folles. Ne vous posez pas de questions et appréciez le tour.

Oh, en bonus, un gros plan sur Karloff, j'adore son look tout en triangles:

Et pour l'anecdote, le titre est basé sur une nouvelle d'Edgar Allan Poe et c'est mentionné au générique, car c'est difficile de se séparer de lui dans les premiers temps de l'horreur il faut croire (Voir The Avenging Conscience dont j'ai parlé plus tôt), mais le film n'a absolument aucun rapport. Un autre exemple de la logique de ce film!

Demain, bien entendu, les années 40.
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Darkyche
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mar 25 Oct - 12:06

T'es tellement un bg Saturnome. kuso7
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Haganeren
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mar 25 Oct - 21:18

Saturnome, tu vas me faire le plaisir de mettre ton avant dernier post dans un topic appellé "Le Cinema d'Horreur Partie 1 : Les prémices" et ton dernier post dans un topic appellé "The Black Cat" moai1

Parce que tes reviews les justifient pleinement! C'est bien écrit, intéressant, concis mais on apprend des trucs. En bref même si on peut aller encore plus à fond, y'a carrément de quoi en faire des articles cultures sur le site. Allez!
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Weldar
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MessageSujet: Re: Cinéma   Mer 26 Oct - 1:52

Je ne crois pas avoir vu Le voyage sur la Lune bien que l'image de la Lune me reste gravée dans la tête, je la trouve hyper malsaine perso.

En tout cas, ta dernière critique reste toujours aussi intéressante.
J'espère qu'elle sera sur le site.
moai1
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MessageSujet: Re: Cinéma   

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