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 Petit aperçu du cinéma d'horreur : Partie 1

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Saturnome
Gros gros beau gosse
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Messages : 416
Date d'inscription : 26/04/2011

MessageSujet: Petit aperçu du cinéma d'horreur : Partie 1   Sam 28 Jan - 2:40

Vous avez déjà lu ces textes, mais je n'argumenterai point avec vos chefs si convaincants avec leur argument écrasé sur ma tempe. Enjoy!

The X-Ray Fiend, George A. Smith, Royaume-Uni, 1897.
Aka The X-Rays


OK... OK. On fait face à un problème ici : le cinéma d'horreur n'existe pas vraiment pendant la préhistoire cinématographique (jusqu'en 1914-1917 à peu près, selon le lieu géographique). Vraiment, ce qui pourrait s'approcher le plus de l'horreur à l'époque serait les dramatisations de meurtres et d'exécutions célèbres, mais ce sont davantage des "films sensationnels" pour satisfaire une certaine curiosité.
La raison de l'absence du cinéma d'horreur à cette époque est toute simple : l'horreur est un genre qui a énormément, attendez je tiens à mettre de l'emphase, énormément besoin du langage cinématographique. Et donc, tant qu'il n'y a pas de maîtrise de la mise-en-scène et de ce genre de choses, l'horreur a plutôt un effet comique.

Donc, quel film ai-je choisi? The X-Ray Fiend, une "vue" londonienne par George A. Smith, un bonhomme complètement oublié malgré ses innovations cinématographique (il fait entre autre les premiers films en couleurs réelles au début des années 1900). Le petit film montre un couple en train de s'embrasser sur un banc publique, quand tout à coup un vil personnage viens les filmer à l'aide d'une caméra rayons X. Alors, pendant un instant, on voit le couple sous une forme squelettique, complète jusqu'à l'ombrelle qui perd sa toile. Et ... voilà. J'ai pris le film parce qu'on y voit des squelettes.

C'est intriguant car le film fait usage d'une technologique très, très récente, la toute première photo aux Rayons X ayant été fait quelques mois plus tôt (voyez ici, c'est une image célèbre, la bague est une jolie touche), et... enfin... Ai-je besoin de continuer bien longtemps sur un film de quelques dizaines de secondes? J'ai l'impression d'avoir spoilé le film complet avec cette unique image.



***

Les quatre cents farces du diable, Georges Méliès, France, 1906.


Crackford, un inventeur, accompagné de son assistant, sont invités chez un alchimiste qui dit pouvoir les aider à réaliser leur rêve de réaliser un grand voyage. Ils signent sans hésitation un accord avec l'alchimiste qui leur présente aussitôt d'étranges pilules géantes pouvant créer à volonté de fabuleux wagons de train pouvant même se transformer en valise au besoin. Ils partent donc à l'aventure, tout heureux... sans avoir lu les petits caractères du contrat. Car l'alchimiste n'est nul autre que Satan, qui se fera une joie de leur faire subir le plus affreux voyage qui soit. Et un contrat signé étant irréfutable, cela ne finira pas bien du tout, oh non.

Méliès reste fidèle à lui-même dans ce film : effets spéciaux à l'avant-plan et chaos sucré aux acrobaties. C'est du vaudeville, malgré le sujet sinistre le tout est joué comme une comédie, avec Méliès qui comme d'habitude se délecte à jouer Satan comme un gamin surexcité et à la vessie pleine. L'espèce de magie absurde qui découle des films de Méliès me font toujours un effet incroyable que ses imitateurs (Ferdinand Zecca, Segun de Chomon) ne semblent tout simplement pas capable d'atteindre.

Le film d'une vingtaine de minutes pourrait bénéficier d'une restauration, l'image étant plus floue qu'en moyenne. Le film a survécu jusqu'à nos jours en deux copies : l'une en tons sépia et trop éclairée, l'autre en couleurs (peint à la main), mais incomplète. La restauration actuelle, qui comprend une narration live comme l'on faisait à l'époque (vu que ces films n'avaient pas encore de texte), alterne entre les parties du film couleur et le reste en noir et blanc sépia. L'entre de Satan, tiré de la copie sépia, montre un des nombreux décor extravagant de Méliès, peint par lui-même comme toujours:

Satan et ses putes dominant sur Crackford, écroulé au sol.



***

The Avenging Conscience: or 'Thou Shalt Not Kill', D.W. Griffith, États-Unis, 1914.


Notre protagoniste est un orphelin élevé par son oncle. Ce dernier figure que le sacrifice qu'il a commis pour son neveu devrait être récompensé par une stricte obéissance. Mais quand cet oncle refuse que ce neveu flirte la belle femme de la rue d'à côté, c'est trop. Le neveu se sent piégé par l’autorité de son oncle, et une frustration grandissante mène à une haine presque maladive et à des envies meurtrières. Pendant ce temps, le père commence à sentir un regret par son excès autoritaire. Il fini par commettre le meurtre, mais son état mental l'a déjà ruiné, et il roule lentement vers le mode psychopathe...

D.W. Griffith dans sa première année à tenter le long-métrage (Il réalise Judith of Bethulia plus tôt dans la même année), et un film mineur mais sympathique dans son oeuvre. C'est pompé sur Edgar Allan Poe, le maître classique de l'horreur psychologique en quelque sorte. The Tell-Tale Heart est même un livre lu par le protagoniste à un moment.
L'usage des gros plan sur des choses anodines pour exprimer l'anxiété est un concept courant de nos jours mais neuf à l'époque, et constitue bien les premières traces d'une utilisation du langage cinématographique pour exprimer un suspense d'horreur. La folie le traîne à avoir des visions de démons, squelettes, flammes et même Jésus est invité au party. Mais c'est relativement mineur dans le film, «l'horreur» qu'on pourrait y voir se situant dans le développement psychologique des personnages.

La grosse différence entre les années 00 et les années 10 pfiou. Dans les années 10, tout le monde voulait rendre noble l'art du cinéma, du coup les vaudevilleries de Méliès avec Satan qui botte les postérieurs n'était vraiment plus les bienvenus. Ainsi, avec la naissance du langage cinématographique, plutôt que de lancer des démons à tour de bras pour faire rire et épater la galerie, il était plus en vogue de faire des films psychologiques, avec une approche très classique, Art avec un grand A dans la tradition académique. Pour ajouter des exemples que j'ai pu voir : En 1910 (Le cinéma progressant à une vitesse fulgurante alors, la différence entre 1910 et 1914 est probablement de 100 ans, mais tout de même), la première adaptation de Frankenstein en film montrait davantage un Frankenstein hanté par sa création, alors que le film classique de 1931 et surtout ses suites vont mettre davantage l'emphase sur la créature. Der Student von Prag, un film d'horreur allemand pré-datant l'expressionisme de Caligari ou Nosferatu, adopte un point de vue très moralisateur.

Pour conclure sur The Avenging Conscience, le film en lui-même est bien ficelé, mais trop classique pour sortir du lot et même fade par endroit (malgré les acteurs compétents), ce qui lui cimente sa réputation de film mineur dans la carrière d'un réalisateur célèbre. Par contre, le fardeau le plus lui qu'il doit porter est celui d'un happy ending forcé assez insultant, mais en plus LeRetourDuRoiesque (c'est à dire qui n'en fini pas, quoi que Le Retour du Roi c'est plutôt qui n'en fini jamais, pan j'en profite pour m'en prendre à des films hors sujet!).

Si seulement on pouvait prendre la fantaisie de Méliès et la psychologie de Griffith maintenant...


***

Das Wachsfigurenkabinett, Paul Leni, Allemagne, 1924.
AKA Le Cabinet des figures de cire OU Waxworks

Alors là on est en affaires! Waxworks (pour prendre le chemin le plus court) est un très divertissant film dans la veine la plus pure de l'expressionnisme allemand. Costumes exagérés, personnages grotesques et souvent plus grand que nature, décors tordus et étranges... Mais dans ce cas-ci appliqués ailleurs que dans la vieille Allemagne de Faust ou Le Golem : nous voyageons en Perse, en Russie... Car Waxworks est un film d'anthologie, réunissant trois histoires. Un écrivain se fait engager par un musée de cire (dont le propriétaire est un vieux bossu et ce qui est peut-être sa petite fille, une bohème qui veut désespérément un mec) pour écrire l'histoire de trois figures de cire afin d'attirer le public. Chaque histoire est plus courte que la précédente.

Waxworks bénificie du talent de mise en scène de Paul Leni, mort beaucoup trop tôt en 1929 et en voie de devenir un des maître du lugubre américain (ce film le propulsa direct à Hollywood, où il réalisa The Cat and the Canary, le père des films d'héritiers qui passent une nuit dans une maison sinistre et The Last Laugh, un homme condamné à afficher un sourire grottesque pour le reste de ses jours). Contrairement à l'aspect théâtral du Cabinet du Docteur Caligari, l'un des plus célèbre film du genre et auquel Waxworks doit visiblement quelque chose, ce film-ci présente des angles de caméra intéressants (dont le fameux angle oblique à la Batman) et des éclairages sophistiqués qui prête particulièrement bien aux histoires. La première est davantage une histoire fantastique, d'un homme qui décide de voler le talisman magique d'un calife, les autres plongent davantage dans le macabre et l'inquiétant.
Autre talent dont le film bénéficie : les acteurs Emil Jannings (Le Dernier des hommes, L'Ange Bleu) et Conrad Veidt (Le Cabinet du Docteur Caligari, Les Mains d'Orlac) sont excellents, mention spéciale à Veidt qui joue un Ivan le Terrible absolument cinglé. Le rôle principal va à William Dieterle, qui de nos jours est davantage connu comme un réalisateur de l'âge d'or américain, qui sans briller particulièrement fait son boulot.

Pour les amateurs de l’expressionnisme allemand des premières années, celui qu'on lie au Tim Burton des meilleurs jours, c'est un agréable visionnement.
Par contre, il faut bien avouer, que contrairement à Nosferatu, Caligari et compagnie, les premiers véritables films d'horreurs, résultat de cette grandiose décennie que sont les années 20, Waxworks n'est pas exactement un film d'horreur, mais plutôt qui se plaît dans le fantastique, le lugubre et le macabre. Ça fait exactement penser aux spéciaux d'Halloween des Simpsons, en fait.
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Haganeren
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MessageSujet: Re: Petit aperçu du cinéma d'horreur : Partie 1   Sam 28 Jan - 14:42

Ouais, en gros fallait un topic pour mettre les articles sur le site. Merci Saturnome!
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Weldar
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MessageSujet: Re: Petit aperçu du cinéma d'horreur : Partie 1   Sam 28 Jan - 17:07

J'avoue que c'est une bonne idée d'en faire un dossier à part qui aura la chance d'être mis sur le site. génial1

Je ne suis pas sûr, mais tu n'avais pas parlé de The X-Ray Fiend par le passé ? Dommage que tu spoils tout le film moai1
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MessageSujet: Re: Petit aperçu du cinéma d'horreur : Partie 1   Aujourd'hui à 2:22

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