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 Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb

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Weldar
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MessageSujet: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Jeu 6 Sep - 22:54


Dr. Strangelove
or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb



Pourquoi le général Ripper a-t-il lancé une attaque nucléaire sur l’URSS ? Quels sont les premiers échanges entre le président Muffley et un grand responsable du Kremlin ? Quel est ce fameux plan R ? Pourquoi la « machine du jugement dernier » (Doomsday Machine) pourrait conduire le monde à sa perte ?
De ce contexte apocalyptique et réaliste d’une époque de tension, le génial Stanley Kubrick (Full Metal Jacket, Paths of Glory, A Clockwork Orange…) adapte le roman Red Alert de Peter George (ancien officier de la RAF) pour en tirer une comédie noire loufoque, mais aussi une satire politique et une œuvre visionnaire sur l’évolution de la technologie.


"You can't fight in here ! This is the War Room !"


Quelqu'un a du faire une connerie... //// "Allo...allo...?..." Cette conversation de sourd est culte.

Un général américain complètement fou, Jack D. Ripper (Sterling Hayden), qui a sombré dans la paranoïa la plus effrayante, est persuadé que les soviétiques (ou Ruskies) ont empoisonné l’eau potable américaine. De cet affront, il décide d’envoyer des B-52 pour frapper l’URSS et il prend en otage l’officier de la RAF, Lionel Mandrake (Peter Sellers).
Le président américain, Merkin Muffley (Peter Sellers), apprenant l’affreuse nouvelle, il décide d’organiser une réunion d’urgence au sein du Pentagone, dans la War Room, avec le général Buck Turgidson (George C. Scott), l’ambassadeur soviétique de Sadesky (Peter Bull) et un savant fou (Peter Sellers). Ils tentent, en vain, de prendre contact avec Ripper ou les B-52, mais rien ne fonctionne, car ce dernier a coupé toutes les communications en lançant le plan R, un plan tout aussi parano que le général.
La tension ne fait que de monter et le peur de l’holocauste nucléaire envahit bientôt les esprits…

Si le roman Red Alert était un drame sur la peur du nucléaire, Kubrick a préféré réagir sur la perspective réelle de l’anéantissement nucléaire en usant d’un comique absurde et provocant allant jusqu’au grotesque.
En effet, Kubrick et son co-scénariste Terry Southern donnèrent naissance à une galerie de personnages grotesques et délirants, malgré tout, réalistes dans leur contexte de guerre froide. Ce même réalisme est accentué grâce à la superbe photographie noir et blanc de Gilbert Taylor. La réalisation sobre et froide évoquant presque un film documentaire dont l’une des scènes est filmée caméra à l’épaule. De plus, les informations concernant la bombe H comme les opérations du Strategic Air Command sont factuelles.


Une satire visionnaire ?


"Mein Führer ! Ze crois que z'ai un plan." L’hallucinant Dr. Folamour est génial. /////// Turgidson est un véritable gamin, dont sa haine des soviétiques ressemble plus à des enfantillages. "Mais, il va voir le tableau !"

Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb a donc tout pour être un drame, pourtant la force de ce film est de transformer son contexte jusqu’au plus haut degré d’absurdité.
Les superbes technologies nucléaires rendent la situation à la fois hilarante et macabre quand les ordinateurs dégénèrent, empêchant toutes possibilités d’interventions humaines pour empêcher l’attaque atomique. Kubrick rend cette course à la technologie et à l’armement absurde où la machine finira par dépasser l’homme, thème qu’on retrouvera dans 2001 : A Space Odyssey.

Le film est découpé en trois lieux, la base américaine de Ripper, le War Room et dans un B-52 où chaque parti échouera à sa manière dans la communication.

Le réalisateur se moque aussi de l’impuissance des politiciens et de leurs capacités à agir pour régler le problème. Via le téléphone rouge, le président Muffley essaye tant bien que mal de faire comprendre à son homologue russe complètement saoul, qu’un de ses commandants a fait une "bêtise".


Les communistes contre les capitalistes, et il y a un nazi dans l'affaire.

Il faut évidemment laisser un petit mot sur les personnages qui peuplent cette farce presque antimilitaristes avec le général Jack D. Ripper (littéralement "Jack l’éventreur") obsédé par les fluides corporels où il mélange "complot des rouges" et son impuissance sexuelle.
Le général "Buck" Turgidson (dont ses mimiques sont absolument géniales) qui profite de ce contexte de crise pour espérer déclencher la troisième guerre mondiale et d’écraser les "Ruskofs". L’une des scènes d’anthologie montre ce même général qui explique avec un réel enthousiasme qu’un B-52 peut passer en rase-motte à travers les défenses antiaériennes soviétiques, sous le regard médusé du président américain et de ses conseillers qui espéraient seulement voir l'anéantissement du B-52


Les fluides. ////// Cette expression de George C. Scott est mythique.

Mais une question traine dans notre esprit, qui est ce fameux Docteur Folamour qui porte son nom dans le titre éponyme du film ? Surprenant, c’est un personnage qu’on voit peu et qui intervient tardivement, mais ses apparitions sont remarquées et elles frisent l’hilarité. Conseiller du président Muffley, c’est un expatrié allemand à l'accent germanique fort prononcé et grand nostalgique du régime nazi dont son bras mécanique ne peut pas s’empêcher d’imiter le salut hitlérien, tout comme le scientifique a la fâcheuse habitude d’appeler le président américain par "Jawohl, mein Führer !".

Le Dr. Folamour est la troisième interprétation de Peter Sellers dans le film. Kubrick justifiait ce triple rôle légendaire comme quoi seul un grand comique pouvait le faire, et ce talent était détenu par Sellers. A la base, il devait aussi incarner le commandant T. J. "King" Kong (Slim Pickens) du B-52, mais une blessure à la cheville l’empêchait de tenir ce rôle physique.


Dr. Mythique ou : comment j'ai appris à aimer et à ne plus m'en passer.

Si le film réussit à garder un fort suspens jusqu’au grand final aussi inquiétant que délirant, les scènes comiques sont nombreuses et d’anthologies. Les dialogues sont véritablement savoureux, dont les mots ont parfois un double sens. L’absurdité des scènes peut faire plus sourire que rire, mais force est de constater que l’œuvre de Kubrick détient une telle puissance qu'on ne pourra qu'applaudir l'audace d'une telle satire pour son époque.


Hi there ! Cette image est culte dans le monde du cinéma. ////// Cette prise de vue de la War Room est mythique.

L’une des images du film est mythique : on voit le commandant T.J. "King" Kong chevauchant et hurlant de joie sur sa bombe atomique, signée "Hi there", larguée presque erreur : un petit défaut technique bloquait l’ogive...
Une autre scène où Docteur Folamour explique au président Muffley et Turgidson un plan pour sauver l’humanité en développant entre autre, un ratio de dix femmes pour un homme (ce qui fera sourire au flambeur Turgidson). Un plan macabre évoquant presque un délire de nazi, à en croire, qu’on a encore affaire à un complot…

Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb est un film très agréable au visionnage. La durée ne dépasse par les 1h30 et on rappelle encore une fois que le travail de Gilbert Taylor est superbement bien maitrisé (bien que le montage du bombardier en plein vol ait mal vieilli aujourd’hui). On enchaine les séquences de manière magistrale et parfaitement synchronisée. Les cadrages sont efficaces, dont l’un des plans les plus mythiques est celle de la War Room, image qui sera souvent imitée par la suite.
Les acteurs nous offrent une excellente prestation entre le triple rôle de Peter Sellers (que je n’aurais pas remarqué si on ne me l’avait pas précisé) ou George C. Scott dévoilant un jeu jubilatoire sortant d’un cartoon.


On aura jamais autant haïs Coca-Cola que dans ce film. ///// Ripper est persuadé que les soviétiques envahissent sa base pour récupérer le code, alors que ce sont simplement des soldats américains qui viennent le chercher.

Le film a été nominé quatre fois aux oscars : meilleur film, meilleur acteur (Peter Sellers), meilleur réalisateur et meilleur adaptation cinématographique.
Dans les anecdotes du film, le grand final aurait du être une bataille à la tarte à la crème dans la War Room, ce qui n'aurait fait que de souligner que cette guerre froide (devenue chaude dans le film) ressemble juste à une cour de récréation.
George C. Scott avait réputation d'être un acteur difficile à diriger. Kubrick a du le battre au jeu d'échec pour gagner son respect.
En 2000, il a été classé 3ème meilleur film "humoristique" américain par l'American Film Institute.




Ce chef d’œuvre sortit en janvier 1964 aux États-Unis est indéniablement un de mes Kubrick préférés. Entre le rire, la farce à suspens et l’absurdité de ses personnages volontairement caricaturaux, ce long-métrage n’en reste pas moins une longue analyse sur la paranoïa américaine, la guerre communiste et l’emballement technologique. Le film possède de nombreux détails, tantôt absurdes, tantôt sinistres. C’est un plaisir de visionner plusieurs fois le film pour repérer tous ces fameux détails.
Toujours sur l’absurdité, mais dans un autre registre, le film de Stanley Kubrick m’évoque Airplane! du trio « ZAZ » (les frères Zuckers et Abrahams).
Plusieurs thèmes de « Dr. Strangelove » inspireront Kubrick dans d’autres films comme Full Metal Jacket et A Clockwork Orange, mais lui-même nous laissera à cette interrogation, doit-on avoir peur de la bombe nucléaire ou de la bêtise de l’homme ? En tout cas, il nous aura fait bien rire dans ce film unique.
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safouinax
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Ven 7 Sep - 1:38

BGReview pour un film tout aussi BG, il est pas dans mes Kubrick préférés mais il est vraiment cool, avec évidemment, cette fameuse scène de la chevauchée, intense. génial1

Peut-être faut-il se préserver de lire la review si on veut découvrir le film, évidemment. ahdé
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enfolkefiende
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Ven 7 Sep - 2:23

God willing, we will prevail, in peace and freedom from fear, and in true health, through the purity and essence of our natural... fluids. God bless you all.

Une des meilleures citations du cinéma humoristique ever. kuso7
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SupahSnake
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Ven 7 Sep - 13:28

Gros gros bon film. T'es un BG weldar :weldar1:
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Weldar
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Ven 7 Sep - 22:20

Safouinax => Vrai que la review est vachement spoilante ou disons qu'il est difficile de décrire un film comique sans parler de ses quelques gags. En tout cas, ceux qui ne veulent pas lire la review pour se préserver, ce film est BG et faut le voir au moins une fois dans sa vie.
Vous pouvez aussi laisser un coms dans la foulée. J'accepte les "best review ever, Weldar t'es trop le meilleurs, faut que tu fasses des reviews plus souvent".


Je ne demande pas de changer le monde. moai1


Merci pour vos commentaires.
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Sam 8 Sep - 23:29

Dr. Strangelove ça doit être aussi un de mes Kubrick préféré, je dirais même le 2ème après 2001. Déjà parce que la Guerre Froide est un thème que j'affectionne particulièrement pour tous les problèmes et sujets sous-jacents qui sont posées : attente face à une apocalypse presque certaine, sentiment d'impuissance envers des forces colossales et intouchables, dispute idéologique entre deux titans surarmés, prêt à sacrifier la population de la planète entière au nom de leur vision du monde... tous ces sujets on les retrouve plus ou moins dans Dr. Strangelove. Avec tout de même une place majeure pour comme tu l'as dit dans ta review pour le manque de contrôle des gouvernements et des puissants à gérer leur propre crise même, que ça soit les défaillances techniques ou idéologiques (le personnage Jack Ripper, mémorable d'ailleurs !).

Kubrick propose alors de montrer ce que serait la réaction des gouvernements (et des individus en général en fait) si la situation leur échappait totalement. Le résultat est là : manque total de contrôle, panique, enfermement dans sa doctrine de pensée, ce qui amène à des scènes totalement absurde, incohérente, et pathétiques. D'ailleurs tous les personnages sont empreint d'une sorte de ridicule, non seulement pour ce qu'ils sont mais pour leur réaction face aux évènements. C'est je pense avant tout le sujet principal et important du film.

Bon faut dire aussi que le casting est quand même superbe. T'as bien souligné les expressions faciales de George C. Scott, j'ai insisté sur l'hilarant Général Jack D. Ripper ( la citation d'Iwant putain ! le moment ou il tire sur ses alliés putain !), et bien entendu il y a Peter magic Sellers, l'acteur qui peut te jouer 3 personnages à la perfection dont Dr. Strangelove qui doit être l'un meilleur personnage inventé au cinéma (la scène il arrive pas à contrôler son "Sieg Heil" ! ").

Bref, je pourrais continuer longtemps, sur les scènes d'anthologie (la scène finale !), la froideur générale dans tout le film etc. Mais globalement t'as tout dit d'important dans le review donc osef. En tout cas c'est cool tu m'as trop donné envie de le revoir, surtout que j'ai la version blue-ray qui m'attend depuis pas mal de temps petit gateau

"MEIN FÜHRER I CAN WALK !"
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Capt C.

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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Sam 8 Sep - 23:48

Tiens un revenant prin2
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Weldar
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Dim 9 Sep - 12:29

Pizza =>
La plupart des personnages sont ridicules, oui. Même celui qui semble le plus "sain d'esprit" dans le film : Lionel Mandrake. Il affiche un peu la flegme anglaise. N'en parlons pas du président Muffley, même s'il est animé d'une bonne volonté, il reste bloqué dans ses bonnes manières et il se retrouve paralysé.
Spoiler:
 

Comme tu le dis, Folamour est un personnage génial, idem pour Turgidson et D. Ripper. Ils sont trop BG dans ce film.
petit gateau

Merci du commentaire.
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   Dim 9 Sep - 12:41

Pour la scène finale :

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb   

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