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 La Saveur de la Pastèque

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Capt C.



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Date d'inscription : 24/12/2010
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MessageSujet: La Saveur de la Pastèque   Mar 30 Avr - 0:20


Tsai Ming-Liang est un réalisateur chinois assez énigmatique. Lorgnant souvent dans l'incompréhensible, il possède un style lent caractérisé par des plans immobiles, graphiques et travaillés ainsi que des dialogues réduits au strict minimum.

Son approche très spéciale rend alors très difficile l'analyse classique et ses films tendent plutôt à être des œuvres « à sensation » plutôt que des long-métrages conventionnels construits d'une manière classique (situation initiale, élément perturbateur, situation finale). Surtout que le quasi silence couplé au jeu d'acteur proche de la neurasthénie n'aide pas franchement à la compréhension de l'intrigue. Tout ça me fait penser à une exposition de tableaux sans le petit écriteau indiquant des pistes d'interprétation ou la petite histoire de chacune des créations, cela crée une impression d'être perdu et, pour sortir de ce flou, on essaye de trouver des pistes d'interprétation. Bien évidemment, tout ça est construit pour que l'on soit emporté plus que l'on ne réfléchisse à l'histoire mais sur une longue durée il est difficile de ne pas se questionner sur l'existence d'un scénario.

Cela dit, je ne suis pas vraiment familier de la filmographie du bonhomme. Je n'ai vu que Goodbye, Dragon Inn qui correspond d'ailleurs parfaitement à la description du tableau sans écriteau (j'ai foncé lire le synopsis après l'avoir visionné, j'ai un peu plus cerné ce que voulait faire le réal mais j'ai quand même trouvé ça raté). Sans avoir détesté ma première intrusion dans son univers, j'ai voulu tenter l'expérience de « La Saveur de la pastèque ». Un titre énigmatique qui m'a donné envie de foncer voir la bande-annonce et elle m'a suffisamment tapé dans l'œil pour que je finisse par voir le film.

Quoi de mieux pour situer une atmosphère que les premières scènes d'un film ? Ce dernier commence en effet sur une fille marchant dans un parking pour au prochain plan passer sur...Une scène de sexe où une femme se fait doigter la...moitié de pastèque mise entre ses cuisses. Ces deux actions, n'ayant pas vraiment de rapport entre elles, révèlent en réalité presque toute la composition du film : le mélange du calme quotidien (qui est illustré la plupart du temps avec l'héroïne principale) et de violentes scènes pornographiques (le héros principal étant un acteur de film X).


Tout ceci est déjà assez fou, alors quand on découvre qu'il s'agit d'un monde similaire au notre mais où le jus de pastèque est devenu moins cher que l'eau minérale, au point d'avoir désactivé quasi-toutes les installations d'eau courante (les personnages étant obligés de se servir d'eau des bouteilles, notamment lors des scènes de pénétration où l'on verra des assistants verser de l'eau sur les acteurs pour simuler une douche). La pastèque devient alors une protagoniste à part entière dans l'histoire, étant ici pour symboliser les désirs et la passion.

Et pour aller encore plus loin dans le n'importe quoi, voilà qu'entre des scènes tout à fait banales s'intercalent des numéros musicaux colorés et déjantés, venant contraster avec l'austérité générale ! Les chansons sont très kitsch, les costumes aussi, tout ça aurait pu être désastreux si ces moments arrivant comme un cheveu sur la soupe n'était pas si justement parsemés pour être toujours distrayants lorsqu'ils arrivent.

Ces différentes idées rendent le travail de Ming-Liang différents du calme qui le caractérisait auparavant, de ces scènes lentes où il ne se passait quasiment rien. Le pire étant qu'il est encore plus casse-tête de trouver un sens à ce que l'on regarde. Pourtant j'ai vraiment aimé regarder le film ! Les scènes lentes où il ne se passe rien étaient certes beaucoup présentes mais à l'intérieur de scènes il y avait tellement de moments fous qu'elles passent plutôt bien, surtout quand elles sont alliées avec ces jolis angles de caméra qui cassent avec mes habitudes des plans complaisants (limite méprisants) que m'imposait quelques-uns des films de ce style. Et puis même les scènes de sexe sont pas si terribles. Elles sont gênantes, c'est sûr, mais pas insupportables car visiblement le réal a assez de pudeur pour toujours cadrer large et multiplie très souvent les prises de vues.


Avec cette impression se dégage aussi une thématique assez explicite : la passion ! Grâce aux divers symboles liés à la pastèque bien sûr mais aussi grâce au métier de notre héros. La situation des deux personnages principaux est aussi intéressante car il se trouve qu'ils sont aussi... amants ! Enfin, les musiques légères abordent des thématiques amoureuses et peuvent amener à pas mal de réflexions (comme cette scène où une femme est suivie par une horde d'hommes en noir accrochés entre eux) même s'il est difficile de les lier à l'histoire à côté.

Et puis y a cette vie « de tous les jours », dans les immeubles vides, dans les rues désertes, des moments du quotidien et des quelques problèmes entraînés par le manque d'eau comme une scène assez gênante où une femme se retrouve envahie par les fourmis dans un ascenseur bondé car elle n'a pas assez bien nettoyer le jus de pastèque qu'elle avait sur le corps (toujours en plan large, heureusement). Du coup je trouve que la lenteur propre au style du créateur (il signe la fin de ses films comme l'on signe des peintures, je suppose que le terme convient) fonctionne assez bien.

Inutile de dire que cette œuvre atypique ne s'adresse pas à tout le monde, surtout si vous n'êtes ni un amateur de sexe explicite, de plan large de jeune fille marchant dans un parc où de numéros musicaux bariolés, passez votre chemin. Par contre, ceux qui aiment les créations un peu étranges, n'hésitez pas à tenter le voyage !

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Weldar
Le Magnifique
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MessageSujet: Re: La Saveur de la Pastèque   Mer 1 Mai - 23:37

C'est drôle, je trouve que la pastèque a l'air d'être facilement assimilé à l'érotisme. Enfin, c'est une parenthèse.


Pour un film qui serait 100% contemplatif, 1h55 ça fait un peu trop long, surtout qu'il a un style lent et peu de dialogues, après si c'est comme tu le dis, le film a des images et un cadre assez drôle et fascinant. Heureusement d'ailleurs qu'il a ce côté volontairement kitch et presque comique (visiblement) ce qui permet à cet érotisme d'être plutôt bien intégré et non de la jouer simplement provoc/useless.


Le thème m'a l'air amusant, mais si c'est lent et qu'il n'y pas d'intrigues (ou un déroulement conventionnel comme tu le dis) en plus d'être un peu long, je ne sais pas si je m'aventurai ou alors il faudra de la boisson.
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Capt C.



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MessageSujet: Re: La Saveur de la Pastèque   Jeu 2 Mai - 1:03

Je suis le premier à être deg de la longueur de certains films contemplatif mais celui-là est tellement étonnant que ça passe. Et peut être encore mieux avec de la boisson moai1
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Haganeren
Le plus grand des rabat-joie


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MessageSujet: Re: La Saveur de la Pastèque   Dim 5 Mai - 16:27

Une review intéressante sur un film... Bizarre.
Pas trop mon style évidemment mais bon.

J'ai repéré beaucoup plus de faute d'orthographe qu'à l’accoutumée cependant. Il va falloir que j'appelle Super Drake à la rescousse pour voir tout ça. (Ou Super ATH si il le souhaite... Ou que je m'y mette quitte à en louper si c'est moi moai1) Voir des répétition (une phrase qui commence par "cela-dit" et qui finit par "cela dit") voir des phrases exceptionnellement longues où on finit par plus trop comprendre où tu voulais en venir à moins de la relire plusieurs fois. (Paragraphe 7)

Tu étais plus pressé quand tu as fait cette critique, Couac?

Tu exposes en tout cas plutôt bien le film, en parlant du style de l'auteur, puis en donnant un exemple de l'intro, puis ensuite en expliquant réellement en quoi il en retourne, expliquer les phases érotiques puis les phases de la vie de tout les jours. (Étrangement, ta phase érotique (la douche) fait très "vie de tout les jours et ta phase vie de tout les jours (les fourmis) fait plus érotique...) Bref, c'est très bien construit et on accroche plutôt bien.

Great job Couac.

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Civet



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MessageSujet: Re: La Saveur de la Pastèque   Ven 13 Déc - 1:13

Bonne mise-en-bouche pour cet excellent film de Tsai Ming-Liang. Ce directeur qui nous vient de Taiwan est un des directeur contemporain qui m'impressionne le plus dernièrement. Une ambiance vraiment unique, beaucoup d'humour, toujours ce Lee Keng-Sheng d'acteur pour emmener le tout, chacun de ses films aura su me toucher (me reste encore à voir Rebels of The Neon god cela dit) ! Ma préférence ira pour I Don't Want To Sleep Alone qui m'a paru être le plus aboutit, j'espère vraiment que son nouveau Stray Dog débarquera au cinéma début 2014.
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MessageSujet: Re: La Saveur de la Pastèque   Aujourd'hui à 13:29

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