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 True Detective [Saison 1]

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Weldar
Le Magnifique
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MessageSujet: True Detective [Saison 1]   Sam 27 Sep - 19:46

True Detective

La première saison de l’encensé show de Nic Pizzolatto s’est terminée à la mi-Mars sur HBO, dont le serveur aurait sauté tant que les connexions étaient nombreuses lors de la diffusion du dernier épisode.
En une saison, cette série d’anthologie a réussi à susciter moult passions et autant de spéculations sur le développement de la prochaine saison, dont les dernières informations parvenues sur le pitch et les principaux acteurs.


... et comme dans beaucoup de rêves, il y a un monstre qui apparaît à la fin...

En 2012, deux détectives interrogent séparément deux anciens enquêteurs sur leurs affaires croisées et complémentaires autour du meurtre sordide d’une fille survenue en Louisiane il y a une quinzaine d’année.
1995, Martin Hart (Woody Harrelson) doit faire équipe avec le réservé et torturé Rustin Cohle (Matthew McConaughey) pour résoudre l’étrange énigme de la mort de Dora Lange, retrouvée nue, accrochée à un arbre, avec d’étranges symboles évoquant l’occultisme…

Cette longue et obsessionnelle traque du tueur affectera profondément les deux détectives…


La police découvre un cadavre au symbolisme étrange.... ////// Hart et Cohle vont devoir coopérer pour résoudre le meurtre de Dora Lange qui ne sera pas si simple.

Le spectateur suivra d’un temps et en majeure partie, cette lugubre affaire des deux détectives en 1995 qui les emmènera dans de nombreux recoins de la Louisiane et d’un autre temps, les interrogatoires de 2012 qui sont dirigés par Maynard Gilbough (Michael Potts) et Thomas Papania (Tory Kittles).
Comme l’autre show de HBO, True Blood, on est en plein dans les marais de la Louisiane où la réalisation joue sur de nombreux clichés pour rendre l’atmosphère de ce coin perdu, poisseux, désolant, où les autochtones semblent être en marge complète de la société.

L’une des originalités de ce show est ce découpage en deux temps, l’enquête en 1995 où Hart et Cohle faisaient équipe, et la nouvelle enquête en 2012, plus en retrait, où les anciens détectives racontent les différents éléments en lien avec Dora Lange.
Mise à part cette structure, True Detective reste pour autant un show assez classique. On a affaire à un sombre polar, qui comme tout policier, commence par la découverte d’un cadavre, de la traque du tueur par un duo de policier, comme souvent, aux personnalités opposées, aux caractères trempés et facilement identifiables. Ainsi, Hart incarne le policier terre à terre qui préfère se consacrer à sa famille, alors que Cohle, maigre, torturé, introverti, ne vit que pour l’enquête.


Hart et Cohle ont chacun leurs défauts qui gênent l'autre, ce qui force notre attachement à ces deux personnages grâce à l'écriture de leur relation. ///// La famille est-elle le lieu du repos après le travail pour Hart?

On peut dès lors s’interroger, comment une simple série policière peut-elle avoir eu un succès aussi fou en plus d’un engouement critique ?
C’est simple, il y a plusieurs points qui font le charme de cette série, qui jouant sur les clichés du genre, elle ne fait que de les transcender sous un habillage de qualité.


Un petit coin du paradis au fond du marais.

Le show du romancier Pizzolatto est superbement construit, aidé par un seul réalisateur durant toute la saison 1, le jeune Cary Fukunaga, donnant ainsi une cohérence, une vision unique à l’architecture de cette série, qui est parfois divisée quand divers réalisateurs posent leurs pattes.

La photographie est superbe, elle parvint à magnifier les paysages du bayou de la Louisiane, comme de transcrire une atmosphère sale et pauvre, parfois, quasi mystique. Avec un budget pourtant inférieur à des super productions comme Games of Thrones, House of Cards ou The Walking Dead, la production HBO ne laisse pourtant rien au hasard.


La scène finale de l'épisode 4, nerveuse et intense, est mémorable. ///// Il y a du sexe. On est bien dans une digne production HBO. Ouf!

Le travail des images, la richesse de l’écriture et une réalisation maitrisé par Fukunaga, dont il livre des scènes marquantes, comme le plan séquence de l’épisode quatre, les vingt premières minutes de l’épisode cinq ou encore les dernières scènes dans l’épisode final.

Ajoutons à cela le travail du son, confié à T-Bone Burnett, qui livre un travail remarquable et un générique d'ouverture sensationnel sous la musique Country de The Handsome Family. Far Far Away, le nom de cette chanson qui accompagne ce montage où des images se fondent avec les visages, les corps des personnages, principalement des deux policiers, à travers différents clichés de la Louisiane pour dévoiler une ambiance lourde, angoissante et mélancolique.

Une chanson à l'image de l'univers musical de T-Bone Burnett pour la série, calme, mélancolique et tantôt, tendue et nerveuse.


Le générique d'ouverture est un délice, l'un des meilleurs du monde du feuilleton. ///// L'enquête sera longue et pénible et dirigera souvent les deux flics vers des fausses pistes...

Encore une fois, difficile de parler d’une simple série télévisuelle, vu que la frontière avec le cinéma est définitivement rompue depuis longtemps par d’autres productions (House of Cards, en tête). True Detective a tout d’une œuvre réalisée par un maître du cinéma, avec une écriture proche du roman, on peut considérer ce show comme un long-métrage de 8 heures.


Une enquête troublante et énigmatique de toute une vie.

Par ailleurs, ce polar n’est pas si classique, car le fil s’intéressera davantage aux deux policiers qu’à l’enquête, la recherche de l’identité du tueur en devient même secondaire, mais un but qui hante le duo d’enquêteurs.
En effet, malgré les huit épisodes de cinquante-cinq minutes, ce show a un ton lent, très proche du contemplatif. L’enquête de 1995 avance péniblement et c’est davantage la vie privé et la relation entre Marty et Rush qui sera mise en avant.

En soi, l’origine de cette enquête n’est là que pour faire connaître ces deux hommes, pour les faire avancer vers le mystère de ce que c’est un véritable détective… Néanmoins, cela n’empêche pas à l’histoire d’avoir des moments de bravoure qui savent se montrer dynamique et offrir une bonne tension.
Ce rythme et cette narration nous permettent ainsi d'avoir beaucoup d'empathies pour ces deux hommes, de se sentir impliqué dans leurs péripéties et dans leurs déboires. L’un des jeux malins du show est d’illustrer un parallèle entre 1995 et 2012 chez ses protagonistes. Cette énigme de la métamorphose physique, comme psychique, des personnages en 2012, où on voit un Cohle sale, alcoolique aux cheveux longs et gras, et un Hart, gros et dépassé. Comment ils ont pu devenir comme ça et pourquoi ils sont interrogés par ce nouveau duo de policiers?


Les deux policiers de 2012 sont totalement transparents à l'intrigue, malgré leurs rôles envers Hart et Cohle. //// L'intriguant Cohle de 2012 nous captive dans ses longs monologues.

Un sentiment étrange fera que de nous captiver dans cette série, entre les différentes énigmes du scénario, l'évolution de la relation entre les deux personnages, l'image, la musique...
C'est un véritable roman qu'on dévore grâce à ces classiques pièces de puzzle qu'on assemble petit à petit. La réalisation temporelle, par son schéma 1995-2012, permet de donner une profondeur inédite à l'intrigue. Pour une fois, on ne se plaindra pas d'avoir un tueur démasqué en 50 minutes. Le déroulement de l'enquête évoque aussi le ton des thrillers de David Fincher pour son aspect documenté et réaliste (The Girl with the Dragon Tatoo, Zodiac...).

Le mystère est d'ailleurs l'une des marques de cette série. Comme pour toute enquête, il y a l’énigme du tueur, des événements de 2012, mais aussi différentes images, d’énigmes et de symboles que la série dévoile sans pour autant en donner une explication claire ou de s’y attarder, évoquant parfois l’univers bizarre de Twin peaks.
Le romancier s'en donne à cœur joie pour livrer un polar qui n'est pas si conventionnel que ça, de par sa profondeur, sa cohérence et une orchestration parfaite.


La photographie et le travail des décors rendent une atmosphère sinistre, sublime et fascinante.

La violence, bien que présente, reste davantage sous-entendue et libre à l’interprétation du spectateur, permettant d’être encore plus inquiétante selon notre ressenti personnel.


True Detective... True Bromance?

L’un des autres points fort de cette série d’anthologie est évidemment ce duo d’enquêteurs, qui pourtant de base semble convenu, mais leurs personnalités, leurs personnages feront oublier tous les autres enquêteurs qu’on a pu connaître par le passé.

Matthew McConaughey est complètement habité par son personnage Rush Cohle, sombre personnage, mais si humain qu’on le prend en pitié dans sa recherche de la vérité, de son Saint Graal. Cohle nous marque aussi pour ses discours généralement très philosophiques, assez nihilistes sur les bords, antireligieux. La très bonne écriture des dialogues  lui offre une personnalité assez hors norme et particulièrement captivante quand il se lance dans ses nombreux monologues perchés, surtout quand il est interrogé en 2012. Si Woody Harrelson semble parfois être sous l’ombre de son compagnon, il imprègne lui aussi un personnage charismatique, fort en gueule et ironiquement plus faible moralement, par sa véritable nature faite d’envies et de colères.

Les apparences sont trompeuses et l'intrigue prend souvent un virage vertigineux qui bouleversera ce qu'on croyait être acquis.


Le scénario explore différentes thématiques rendant l'univers riche.

Tous les deux sont crédibles, du début de l’enquête en 1995 jusqu’aux années 2012, et leurs sensibilités ne font que de nous attacher à ces deux personnages.

Toute la série s’attarde sur la relation et l’évolution de ces deux hommes, pourtant, bon nombre de personnages sont aussi impliqués dans cette histoire, mais ils n’ont pas reçu le même traitement et la même profondeur d’écriture.
La femme de Martin, Maggie Hart (Michelle Monaghan), personnage récurent, n’est là que pour perturber la complexité entre son époux et son collègue Rush. Le fameux tueur n’est là que pour rapprocher les deux hommes et bien d’autres personnages s’effacent devant ce duo. Certaines apparitions resteront mémorables, vu le nombre de protagonistes, parfois dérangeants, qui interviendront dans la vie et l’enquête de Hart et Cohle.

Il y a de nombreux personnages dans ce show, mais ils sont seulement là pour jouer un rôle face au duo.


L'affaire amènera les deux détectives à croiser des individus louches et à fleur de peau... ///// Maggie est sans doute le personnage tiers le plus important dans le scénario.

Ce sont différents éléments qui composent ce paysage froid de la Louisiane, mais qui sont là aussi pour mettre en valeur Martin et Rush. True Detective restera la quête de deux hommes.

Le jeu  de ces deux acteurs, habitués du cinéma jusqu’à là, crèvent pour ainsi dire l’écran et donnent un cachet à cette série digne d’un long-métrage. Les autres acteurs ne sont pas en reste.
Cette plongée de ces deux hommes dans une ténèbres d’images de mensonges, de la religion peu reluisante de la Louisiane et d’occultisme, entrainera les détectives vers l’obscurité. Peut-être est-ce là être un vrai détective, déjouer l’obscurité pour revenir vers la clarté.

La force de ces personnages et la qualité de l’écriture permettent de rendre ce récit addictif, grâce à ce rythme qui nous fascine. Pour autant, ce rythme ne peut plaire à tout le monde si on s’attend à un policier plus traditionnel au rythme mieux intégré à la résolution d’une enquête.


Événements surnaturels ou est-ce une hallucination de Cohle?... ///// Volonté du genre d'anthologie, on ne retrouvera pas ce duo d'enquêteurs hors norme dans la prochaine saison... normalement.

Est-ce un défaut de se concentrer seulement sur l’histoire de deux hommes, ou est-ce tout simplement un parti prit ? Est-ce qu’on devait s’attendre à un récit épique, et finalement, le ton était plutôt contemplatif?

Pour autant, l’écriture, l’image, font de True Detective une œuvre intelligente, dont la mise en scène ouvre souvent à l’interprétation à travers de nombreuses références (The Yellow King, l’univers de Lovercraft, Carcosa…), mais ce policier demeure avant tout un thriller psychologique et non fantastique, dont les éléments du surnaturel ne sont là que pour souligner la psyché dérangée des personnages… ou pas.







Surcoté ou pas, le show True Detective laissera difficilement indifféremment, de par son ambiance, la réalisation et le jeu de ses deux acteurs, Woody Harrelson et Matthew McConaughey, dont ils laisseront une marque dans le monde de la télévision.
Cependant, les attentes peuvent être placées hautes quant à la future saison 2, dont Collin Farrel et Vince Vaugh ont confirmé leur implication, qui offrira un tout autre scénario et un casting renouvelé en raison d’être un genre d’anthologie. Aurons-nous une autre vision du véritable détective à travers une autre sordide affaire en lien avec l’occultisme ?
Réponse en Janvier prochain…
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